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31.01.2007

Laboratoire DMDC n°2 : Le vote

Suite de la série de trois articles de compte rendu des tables rondes politiques menées samedi 27 janvier 2007. Je précise à nouveau que ceci est bien un compte rendu, et qu’il ne reflète en rien mon opinion personnelle. Je reviendrai pour ma part sur ces points un peu plus tard. Et je traiterai les thèmes du deuxième débat à cette occasion. Si quelques uns des participants ont des remarques, des précisions ou des amendements à apporter à ces quelques lignes, je les encourage encore plus que vivement à le faire.

Le vote blanc : Nous avons d’abord abordé la question du vote blanc, en présence du président du Parti Blanc, Medhi Guiraud. L’échange était donc constructif. Medhi a précisé que le vote blanc, s’il était reconnu et menait à de réelles conséquences coercitives, permettrait un turnover des leaders, un renouvellement des générations et une pression sur les partis politiques qui pourraient les pousser à la réforme interne.

Tous à la table ont accepté et même demandé que le vote blanc soit reconnu, dans la mesure où c’est un acte qui dénote une démarche volontaire du citoyen et que le vote blanc « responsabilise l’électeur ». Je préciserais pour ma part que l’abstention n’est pas non plus un acte d’irresponsable.

Medhi a précisé que la Belgique comptabilisait le vote blanc mais que l’absence de conséquences concrètes ne permettait pas, bien au contraire, de faire diminuer l’abstention. Nous avons donc convenu que des mesures coercitives étaient indispensables. Malgré quelques réticences venues des partisans, tous ou presque s’accordent à dire qu’un seuil qui pourrait être fixé à 25 % amènerait un report trois mois après des élections. Période qui, contrairement aux idées reçues, permettrait au pays de réfléchir à nouveau, de trouver de réelles solutions, sans tomber dans la crise.

Le vote obligatoire : Là encore, le consensus est large. Le vote doit être une démarche volontaire, qui peut être encouragée ou facilitée de toutes les manières, mais qui ne doit pas être contrainte. J’ai précisé à cette occasion que le risque serait d’opposer le vote aux autres modes d’action (mouvements sociaux et syndicaux, grèves, manifestations) en leur enlevant toute légitimité.

Les modes de scrutin : Nous avons rapidement abordé ce point en expliquant que les scrutins pourraient et devraient être plus directs au niveau communal ou intercommunal et que le scrutin proportionnel devrait être appliqué pour permettre à tous les partis d’être représentés à l’Assemblée. Enfin, un dernier point a été soulevé, avec lequel je ne suis absolument pas d’accord. Il s’agit de l’éventualité de diminuer le nombre de députés et d’augmenter leur pouvoir. Je ne crois en rien qu’une telle mesure puisse aller dans le sens d’un souci de représentativité accru.

To be continued tomorrow...

08:25 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : des mots des couleurs, vote blanc, vote obligatoire, modes de scrutin

30.01.2007

Le biologique se perd... ne fermons pas les yeux !

Encore une fois, le bio est victime de mesures réglementaires qui veulent le limiter, voire l'exterminer. Réveillons nous, relayons, et ne laissons pas faire ce genre de choses.

Je reprends ici des articles publiés par Charlie et Claire...

"Suite à un article du Canard Enchaîné reproduit ici, quelques freeWOmen relaient une info sur le changement de réglementation européenne sur l'agriculture biologique .

L'agriculture biologique est une "agriculture n'utilisant pas de produits chimiques de synthèse", elle existe sous plusieurs formes, ses produits sont certifiés par des labels et elle présente de nombreux avantages , environnementaux bien sûr, mais aussi sanitaires et sociaux.

Je n'ai pas trouvé à quoi faisaient allusions certains points de l'article du Canard, mais pour le reste, de quoi s'agit-il ?

En 2006, un nouveau texte concernant l'agriculture biologique a été adopté pas la commission européenne. Les dispositions entreront en vigueur au 1er janvier 2009. De nombreux acteurs des filières bio s'en inquiètent et mettent en cause les points suivants :

- le taux d'OGM pourra être de 0,9%, les cas de contaminations accidentelles étant évoqués pour justifier ce point ;

- dans certains cas [?] des pesticides chimiques pourront être employés et les animaux traités aux antibiotiques ;

- les produits non alimentaires [et la restauration collective] sont exclus du champ d'application ;

- il sera impossible d'avoir une réglementation plus stricte [ce qui est le cas de la France], les labels seront unifiés alors que cette pluralité d'initiatives a beaucoup joué dans le développement des filières bio.

Une pétition est même en ligne.
[...]
Il serait temps qu'on se rende compte que nous payons plus chers les produits issus de l'agriculture conventionnelle ou raisonnée. Plus cher que les produits "bio". Même quand nous ne les consommons pas. Parce que les coûts de dépollution, les coûts sanitaires sont à la charge de toute la collectivité. En attendant que les fameuses externalités négatives soient intégrées dans les coûts, consommons "bio" ! "

Article du Canard Enchaîné :

"La Commission européenne vient de concocter, toute seule dans son coin, un projet de règlement qui risque de torpiller le bio. Au menu : des exigences rabotées, des contrôles allégés et un tas de dérogations.
Il s'agit pourtant officiellement de faire en sorte que le consommateur puisse acheter bio les yeux fermés. N'empêche : les ministres européens de l'Agriculture ont pris l'engagement de voter comme un seul homme, en avril prochain, ces nouvelles règles sur la production et l'étiquetage du bio. Et ce sans tenir compte du rapport ultracritique du parlement européen, qui se fait du mouron pour l'avenir de l'agriculture biologique.

Dès 2009, on aura donc droit à du poulet bio nourri avec du maïs aspergé de pesticides (au lieu de céréales récoltées à la ferme), du jambon fabriqué avec du cochon "bio" élevé sur caillebotis, la dalle en béton des porcheries industrielles, et traité aux antibiotiques (refiler des médocs n'est pas autorisé mais n'est plus interdit) ou du pain bio composé de céréales saupoudrées jusqu'à 0,9 % d'OGM. Et l'on pourra aussi déguster un yaourt aux pommes "bio" délayé avec du lait
industriel à condition que les morceuax de fruits soient issus de l'agriculture biologique (un seul ingrédiant suffira à décrocher le label).

Mais qu'en pense Nicolas Hulot ?"

16:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture biologique

Laboratoire DMDC n°1 : La place du citoyen

Début d’une série de trois articles de compte rendu des tables rondes politiques menées samedi 27 janvier 2007. Je précise que ceci est bien un compte rendu, et qu’il ne reflète en rien mon opinion personnelle. Je reviendrai pour ma part sur ces points un peu plus tard. Et je traiterai les thèmes du deuxième débat à cette occasion. Si quelques uns des participants ont des remarques, des précisions ou des amendements à apporter à ces quelques lignes, je les encourage plus que vivement à le faire.

Pour commencer, un thème qui n’était pas le premier abordé lors des réflexions mais qui est, à mon sens, central, la place du citoyen dans la démocratie de demain. En effet, le citoyen, ne l’oublions pas, est bien le premier pouvoir. La démocratie, c’est « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. » La démocratie n’est rien sans le citoyen.

Référendum d’initiative citoyenne : Nous avons surtout parlé du référendum d’initiative populaire, que certains préfèrent appeler référendum d’initiative citoyenne. Ce qui ressort sur ce procédé, c’est que tous sont d’accord pour qu’il soit appliqué, en partant du principe que le référendum venu « d’en haut », c’est à dire proposé par les élus, ne laisse qu’un choix bipolaire en forme de rejet massif ou d’acceptation large qui n’a pour seul but que de légitimer une politique ou de crédibiliser un homme. Seule réelle conséquence d’un tel schéma, une division de la société en deux camps radicalement et stérilement opposés. Pour ce qui est de l’aspect pratique, chacun s’accorde à établir un seuil. Par exemple, une pétition d’un million de signataires ou plutôt, pour rendre l’opération effective à tous les échelons, 10 % du corps électoral concerné. En revanche, dès que nous rentrons dans la définition de l’esprit du référendum les avis divergent.

D’abord, dans quel but et sur quels thèmes engager un tel référendum venu « d’en bas » ? Il n’y a pas de consensus sur ce point. Certains pensent qu’il doit seulement permettre d’introduire dans le débat une question oubliée par les élus ou qu’il doit seulement avoir lieu sur des questions sociales. D’autres, dont je fais partie, pensent plus largement qu’il faut que ce référendum citoyen puisse empiéter sur des prérogatives d’élus, par exemple sur des questions de défense nationale a priori réservées au président de la République. Il est également important dans cette optique qu’un tel référendum puisse s’opérer sur des questions constitutionnelles. Enfin, pour ces mêmes personnes, le référendum citoyen peut également installer une sanction des élus, à ne pas confondre avec la surveillance prônée par certain(e)s candidat(e)s. Dans ce cas, un référendum pourrait très bien destituer un élu, comme c’est le cas au Venezuela avec le référendum révocatoire à mi-mandat. Le citoyen reprend alors son pouvoir sans attendre l’élection.

Enfin, tout le monde ne semble pas d’accord sur les conséquences à donner au référendum. Certains, plus prudents, demandent qu’il soit coercitif sur le plan local et consultatif au plan national. D’autres, plus affirmés (dont je fais partie, était-ce nécessaire de le préciser), demandent qu’il soit systématiquement coercitif.

To be continued tomorrow...

08:20 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : des mots des couleurs, citoyen, référendum d'initiative populaire

29.01.2007

Se rencontrer

N’en déplaise au très coté José Ferré, samedi 27 janvier, j’ai participé à ce que certains appellent des « réunions mondaines ». Oui, en effet, la rencontre avait tout pour être entachée par la plus vile mondanité. Un café snob de la rive gauche investi quelques jours plus tôt par Hulot et le gratin de la blogosphère partisane (sarkophile) et par les médias citoyens. Des têtes connues : Carlo Revelli, pape du journalisme citoyen, Quitterie Delmas, habituée s’il en est de ce genre de réunions, le lieutenant Francesco Casabaldi. Bref, un échantillon grandeur nature des réunions secrètes entre les barons et leur cour, entre les puissants et leurs courtisans. Un extrait du gratin écolo-parisiano-ethnocentro-boboïsant des blogs influents, en somme.


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Certains auraient pu vous le décrire comme ça, ils n'auraient en fait rien vu. Oui, on était bien loin de tout ça. Mais alors vraiment très, très loin de ce cliché. L’objectif était d’organiser des tables rondes politiques regroupant des personnes, plutôt jeunes, venues de tous les horizons pour, non pas débattre, mais réfléchir ensemble à la place des jeunes ou à la planète, à l’Europe et à la démocratie de demain. C’est Pierre Abruzzini, avec toute son équipe du blog Des Mots et Des Couleurs (DMDC), épaulée pour l’occasion par Sylvain Lapoix, Sébastien Freudenthal, Franck Vautier et Fabrice Pozzoli-Montenay, qui a eu l’initiative de cette très intéressante et enrichissante soirée.

Autour d’une table, pendant une heure et demi, des individus ont su prendre le temps de se réunir, de s’écouter et de s’entendre, de dialoguer, de partager et de proposer et tout ça dans un calme presque parfait.

J’ai participé avec Sébastien Reinier (Jeunes Verts), Cyril Philis (rédacteur Agoravox sous le pseudo Rage), Sabri Mered (militant UMP et membre de l'équipe Aujourd'hui autrement autour de Jean-Luc Roméro), Nicolas Pochez et Jérôme de Nomazy (rédacteurs Agoravox et du blog Jusqu'ici tout va bien) et Medhi Guiraud (président du Parti Blanc) à une première table sur la démocratie de demain qui a permis d’aborder des enjeux tels que le vote blanc, le vote obligatoire, les modes de scrutin, le référendum d'initiative populaire ou citoyenne, la place du citoyen, le rôle de l'élu, le non cumul des mandats, la représentativité et la réforme des partis par exemple. Puis, j’ai écouté la seconde table réunissant entre autres Morgan Marietti, Quitterie Delmas, Francesco Casabaldi ou Fred Badina qui a traité plus largement de la séparation des pouvoirs, des partis politiques, de la VIème République, des conditions nécessaires pour se présenter à une élection ou de la réforme des institutions.


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Que retenir de cette expérience, si ce n’est la richesse et l’intérêt du contenu échangé ? Et bien, cette soirée m’a permis de voir que chacun était capable de s’écouter, calmement, dignement, avec respect. Les partisans ont réussi, progressivement, à se détacher de leurs étiquettes et à parler non pas au nom d’un parti, mais en leur nom propre. Et ils l’ont fait parce que certains ont su leur demander, ont su leur laisser le temps. Chacun a voulu construire. Sans tenter de s’accorder à tout prix, d’autres ont compris que des consensus étaient possibles. Ca réconforte de voir que l’on peut tous baisser les armes, le temps d’une rencontre, et parler ensemble de notre avenir à tous. Bravo messieurs, dames et damoiselles.

Allez, pour donner un petit bémol sans quoi je vais faillir à ma réputation de jeune con critique, je regretterais quand même une seule chose, que les accords ne naissent que sur des consensus mous. Nous sommes tous d’accord pour réformer. En revanche, peu sont ceux qui veulent révolutionner. Et pourtant, le changement ne passera pas par des faux-semblants, mais par de réelles évolutions.

Bon, j'arrête ici la chronique mondaine reconnaissable à son foisonnement de liens Html, et je vous retrouve dans les prochains jours pour parler plus en détail de la démocratie de demain...

11:40 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : des mots des couleurs, politique, blogosphère, mondanité

24.01.2007

Coming soon...

Bon, comme je ne sais pas de quoi vous parler aujourd'hui, ou plus précisement comme il y a trop de choses dont je voudrais parler ici, j'ai décidé de faire simple, faire une petite pause, le temps d'un jour. Je vais donc prendre cinq minutes pour faire un peu d'autopromo. Vous remarquerez que ça n'arrive que très rarement.


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Je vous l'annonce aujourd'hui, dans quelques jours, le 5 février pour être précis, j'ouvre un second blog. Pourquoi le 5 février ? Comme ça, par hasard, ça aurait pu être le 29 janvier comme le 15 février, c'est tombé le 5 février... Pourquoi un nouveau blog ? Ca, je n'en dis pas beaucoup plus pour le moment, chaque chose en son temps.

Tout ce que je peux dire, c'est qu'il s'appellera Des mondes en lutte(s) et qu'il viendra rejoindre et grossir les rangs de la centaine de blogs Freemen...

Je vous laisse visionner un petit teaser que j'ai préparé, pour vous donner l'esprit général, pour faire comme s'il y avait du suspense alors qu'il n'y en a aucun, pour faire comme les pros de la blogosphère et puis pour se faire plaisir... Enjoy !




Rendez-vous le 5 février pour cette nouvelle aventure blogosphérique !

18:45 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.01.2007

Le parti attrape tout !

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Le "catch all party" ou "parti attrape tout" est un type de parti politique théorisé par Otto Kirchheimer. Ce modèle partisan est né avec la montée de la désidéologisation dans des sociétés consensuelles. Le but de ce parti est de rechercher une audience électorale maximum, même en dehors des périodes de campagnes électorales. Son organisation s'oriente autour de la quête de ces supports électoraux et de ces soutiens. Le second but de ce type de parti est de faire accéder au pouvoir ses dirigeants, puis de les y maintenir.

C'est pas moi qui le dit, c'est Kirchheimer. Quoi ? Vous reconnaissez quelqu'un dans cette description. Sachez que toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Et ça c'est pas Kirchheimer qui le dit, c'est moi !...


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12:30 Publié dans Démocratie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catch all party, parti attrape tout, Kirchheimer, désidéologisation

22.01.2007

Entre soif de pouvoir et besoin de soumission...

A l'instar de ce monde, l'actualité du moment est extraordinairement riche, parfois tristement et souvent macabrement riche. Ici, un grand homme de foi et un formidable résistant meurt, tandis qu'un autre sera candidat à la présidentielle depuis sa cellule carcérale. Mythique abbé Pierre et honorable José Bové. Et puis il y a le désistement final de "l'animateur de télévision" Nicolas Hulot, qui se retire en faisant confiance à des hommes qui ont menés le monde dans une situation qu'il condamne aujourd'hui.

Ailleurs encore, l'Europe veut imposer sa vision "démocratique" et occidentale à la Serbie, les Turcs tirent sur un rédacteur en chef turco-arménien, la course à l'investiture démocrate aux Etats-Unis promet d'être passionnante, les déchirements palestiniens poursuivent leur route, Fidel en "dictateur" révolutionnaire lutte pour la vie, les discussions reprennent sur le nucléaire coréen alors que l'Iran boycotte les agents de l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique), George W. Bush s'enlise dans une guerre que l'on ne nomme plus, l'Allemagne négocie avec la Russie pour ne pas perdre son énergie, Bagdad plonge un peu plus dans le chaos... Drôle de monde !

Pourtant, je ne vais pas parler de tout ça directement, d'autres le font avec bien plus de pertinence, et je vais continuer à lancer quelques pistes de réflexion. A partir d'une citation aujourd'hui...

"Si nous nous référons à notre expérience en la matière, nous pourrons constater que l'instinct de soumission, un ardent désir de se laisser diriger et d'obéir à un homme fort, tient dans la psychologie humaine une place au moins aussi importante que la volonté de puissance et d'un point de vue politique peut être plus significative."

Hannah Arendt dans Du mensonge à la violence


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Si l'on regarde de plus près notre vie politique française actuelle, cette phrase est incroyablement pertinente. Car que voit-on ? D'un côté, des politiciens qui luttent, en vase clos, pour la conquête du pouvoir. Nicolas Sarkozy déploie des moyens surhumains pour faire croire à un don d'ubiquité, Ségolène Royal soumet un à un les prétendants de gauche pour les placer sous sa tutelle, Jean-Marie le Pen s'accroche plus que jamais à ses espérances, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet préfèrent leur égo à leur cause, François Bayrou se décrit en leader...

De l'autre côté, nous, les citoyens, nous cautionnons ce jeu entre toutes ces névroses du pouvoir. Nous les laissons s'égorger, symboliquement certes, pour un fauteuil, pour un titre, pour le droit de dominer et d'imposer la légitimité de son discours, parce qu'il en va de leur survie politique. Parce qu'il semble qu'il en va de leur survie humaine. Et nous préférons déléguer, nous déposséder et confier notre sort à ses hommes qui ne vivent que pour l'acquisition de la puissance. Nous regardons, sans broncher, amusés même par cet étonnant spectacle. Et comme l'Empereur confortablement installé dans les gradins, nous baissons ou levons le pouce à la fin du combat, pour décider du sort de ces gladiateurs enchaînés.


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Voilà le joli tableau de l'Homme et de l'insoluble question de son rapport névrotique à la puissance... Etrange rituel qui nous écarte un peu plus chaque jour de la liberté ! Très étrange rituel que de vouloir s'inféoder quand l'on pense qu'il suffirait seulement de désirer s'affranchir de ce joug...

13:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : pouvoir, soumission, liberté

20.01.2007

Un air de déjà vu...

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La campagne présidentielle (n')est (pas) jouée d'avance...

Et sinon, le changement viendra ou viendra pas du 22 avril 2007 ?

22:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Royal, Le Pen, présidentielles, 2007

18.01.2007

La politique est l'affaire de tous !

Au début le savoir est amer,
à la fin il est plus doux que le miel.


proverbe arabe


M'selles, m'dames, m'sieurs, si vous pouviez éviter de vous agiter trop et de faire du bruit ça serait vraiment sympa de votre part. Je suis en train de composer une dissertation d'histoire ancienne dans un amphi miteux de Tolbiac, j'aimerais bien pouvoir me concentrer... z'êtes marrant vous avec vos histoires de révolutions et vos conneries d'utopies ! Mais ça fait du bruit le changement...

Et que j'en vois pas un parler de Ségo et Sarko qu'il a vu sur TFN... ça va encore m'énerver ! Quoi ? Qui a gémit d'une voix énamourée "I love Sarko" ? P'tain, voilà, ça y est, j'suis déconcentré ! J'vous jure...

Et bah pour la peine, vous allez plancher aussi. Pas de raison. Allez hop, un p'tit extrait du Contre Ctésiphon d'Eschine :

"ces gens qui considèrent la politeia non comme un bien commun mais comme leur bien propre, [...] réduisant les citoyens à la condition d'esclaves et s'arrogeant sur eux les droits du maître."

Effectivement, n'oublions pas que la politique est l'affaire de tous. Le pouvoir appartient aux citoyens qui en délèguent une part à leurs représentants. Cette démocratie, c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Et jamais, ces représentants ne doivent croire que le pouvoir est leur, intégralement. Ils ne sont que des exécutants des volontés citoyennes. Jamais ils ne doivent l'oublier et s'approprier le pouvoir pour défendre leurs intérêts propres.

Jamais nous ne devons leur laisser croire que nous avons démissionné, jamais ils ne doivent percevoir dans nos yeux une lueur d'abandon. Nous sommes là. Nous sommes prêts à leur reprendre à tout moment notre pouvoir. Jamais ils ne doivent croire avoir vaincu.

L'oligarchie n'est pas et le pouvoir est nôtre, ne l'oublions pas. Dans une élection, celui qui a le pouvoir, c'est l'électeur, pas l'élu...

09:10 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, citoyen, délégation, Eschine

17.01.2007

Dans nos veines ne coulera pas l'ichor...

Dans ma boîte aux lettres, un numéro spécial du Monde pour me demander de m'abonner (quelle drôle d'idée d'ailleurs !). Et dans ce numéro, un article intitulé : "Quand nous vivrons tous 100 ans".

Alors non, l'Homme n'a encore pas laissé de côté cette idée affreuse. L'Homme veut être immortel. L'Homme veut que dans ses veines coule l'ichor des Dieux. L'Homme veut se nourrir d'ambroisie et ne jamais mourir.

Cette envie inextinguible de vie absolue est très liée à ce désir d'infini que l'Humanité place dans sa façon de vivre. Puiser dans des ressources que l'on juge éternelles, sans se soucier de savoir si nos enfants auront encore de quoi survivre.

Cessons de croire en ces mythes. Cessons de vouloir que cela ne s'arrête pas. Oui, nous sommes mortels, ce qui veut bien dire, et n'ayons pas peur des mots, que nous allons mourir. Oui, tout a une fin. Oui, ce monde est fini, limité.

Quel malheur que de vivre pour chercher à repousser ces limites. Quel malheur et quelle perte de temps et d'énergies. Mais quel bonheur en revanche de vivre, de s'épanouir et de construire des choses, aussi éphémères soient-elles, dans ce monde qui doit nous survivre, lui !

Nous n'avons pas l'Olympe, mais nous avons tellement plus...

07:15 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immortalité, infini, olympe, ichor, ambroisie

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