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30.04.2007

Il paraît qu'il ne faut pas diaboliser, moquons-nous alors !

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"Qu'est ce qu'il y a Nicolas ? Tu vois bien que je suis en train de parler. Qu'est ce que tu veux ?

Tu es tout seul ? Et pourquoi tu ne joues pas avec tes petits camarades là bas ?

Ils ne veulent plus te parler. Et pourquoi donc ? C'est parce qu'ils disent que tu veux toujours faire le petit chef. Ecoute Nicolas, je t'ai déjà dit de ne pas être autoritaire avec tes amis. Tu sais bien que ce n'est pas en tyrannisant tes copains que tu vas les garder. Je te l'ai pourtant déjà dit. Parfois, il faut savoir partager et laisser les autres prendre les commandes. D'accord ?

Quoi encore ? Pourquoi tu ne vas pas t'excuser et jouer avec eux, là ? Ils ne veulent plus de toi et Cécilia ne fais que regarder les garçons plus forts que toi. Je comprends mais tu ne peux pas rester là, ici c'est la table des grands et on discute. On discute de quoi ? D'histoires de grands, ça ne te regarde pas, tu auras tout le temps de comprendre tout ça plus tard. Oh, mais ne chouine pas. On parle politique, ça ne te regarde pas de toutes façons.

Bon Nicolas, arrête un peu tes caprices tu veux. Ici, tu vois, il y a des grandes personnes qui veulent débattre calmement sans cris et gesticulations. Alors cesse un peu tes bêtises...

Comment ça c'est stalinien ? Mais enfin, ne parle pas de ce que tu ne connais pas, voyons. C'est du délit de faciès ?! C'est la meilleure celle-là ! Je te l'ai déjà expliqué, le délit de faciès c'est quand toi et ton petit camarade Brice, vous traitez le petit Azouz d'égorgeur de mouton. Moi je n'ai rien contre toi, Ségolène et François non plus d'ailleurs. Ils veulent simplement parler dans le calme. Tu sais bien qu'ils n'aiment pas tes cris et tes caprices. Allez, arrête s'il te plaît.

Quoi encore Nicolas ? Ca suffit maintenant, va retrouver tes petits copains, Jean-Pierre, Jean-Louis, Rachida, Brice, Patrick, Christian, Nadine, Simone, François, Enrico, Faudel, Johnny, Didier, Doc, et les autres, prenez vos monstres Super Karcher, Terminargenteuil, Playstationgaredunord et arrêtez de nous ennuyer. Tu vois bien, ton nez dépasse à peine de la table et tu voudrais déjà faire comme les grands. Qu'est ce que j'ai fait au monde pour avoir un enfant si capricieux et turbulent ? Et ambitieux avec ça..."

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Bon je sais, il ne faut pas décridibiliser l'adversaire, il faut respecter chacun. Mais c'est vraiment l'impression que j'ai eu la semaine dernière devant le déroulement de la campagne de l'entre deux tours. Un débat construit, intelligent, prometteur et en arrière plan un petit teigneux qui multiplie les formules populistes à la Peron pour faire parler de lui... Vraiment, c'est insupportable. Vous ne voulez pas être caricaturé ? Alors arrêtez d'être caricatural Monsieur Sarkozy. Ca en devient risible... !


Bonus Track :
une petite chanson qui, avec son air de ne pas y toucher, n'est pas si petite que ça...

19:34 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, débat Bayrou Royal, 6 mai 2007

27.04.2007

Toujours commencer par s'échauffer !

Je sais que pour beaucoup d'entre vous, arrivés dans l'isoloir le 6 mai, ça va être dur de voter Royal. Moi le premier, je le fais à contre coeur. Alors pour s'entraîner, je vous propose ce petit jeu bien sympathique ou le but du jeu est simple, mettre le plus de coups de boule possible dans la face de Sarko... Simple, efficace, et même drôle !

C'est ici...


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21:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 6 mai 2007, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, jeu, coup de boule

Sarkozy, ne crois pas que ce sera facile...

J'entends ici et là qu'il ne faut pas diaboliser Nicolas Sarkozy parce que c'est lui faire de la publicité et le conforter dans sa possible victoire. C'est d'ailleurs pour cela que j'hésite encore à descendre dans la rue le 1er mai avec les Anti Sarko... et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque !

Pourtant, il faut bien avouer que certains signes sont bien diaboliques. Deux débats entre Ségolène Royal et François Bayrou ont été annulés. L'un avec la presse régionale, l'autre avec Canal +. Quand on sait que Sarkozy a la mainmise sur les médias et que Michel Denisot est un ami, il y a de quoi se poser des questions. Si l'on ajoute à cela que la ligue des Droits de l'Homme a fermement condamné le bilan de Sarkozy et que Sarkozy donne dans l'eugénisme et le racisme hémétiques, on peut se poser des questions.


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Je le dis donc sans aucune animosité pour son camp. Si je voulais attaquer l'UMP, il y a bien des choses que je pourrais fustiger, politique économique, dogme de la croissance, désintérêt écologique, absence de politique internationale solidaire et humaniste, politique fiscale inégalitaire, fermeté sécuritaire, dénaturation des institutions, attaques contre la démocratie et les libertés, etc... En revanche, je crois pouvoir dire sans trop me tromper que l'homme Sarkozy est tout à fait dangereux. Et si par malheur il venait à être élu, après avoir chialé un bon coup, il faudra lui montrer que ce pays ne sera pas gouvernable, que nous serons toujours plus nombreux et plus forts face à lui, que sa soif de pouvoir ne devra pas empiéter sur nos valeurs républicaines. Sarkozy est un danger. Et face aux dangers, les Hommes libres doivent se lever...

10:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, UMP, Bayrou, Royal

26.04.2007

Se (faire) tailler un costard...

Ce qui compte c'est la taille de la veste. Le reste importe peu...




Jacques Dutronc - L'opportuniste :

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J'fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les partys
Je suis de toutes les cauteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'elle craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourne mon pantalon

23:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, jacques dutronc, l'opportuniste

Bayrou, l'homme qui s'est payé notre tête...

François Bayrou vient de signer son arrêt de mort (politique s'entend), et je crois que c'est tant mieux. Comme prévu Bayrou n'a pas quitté son costume professoral et a distribué les mauvais points à ses deux concurrents, qui n'en sont d'ailleurs pas puisque l'UDF n'est plus dans la course. Pas de consigne (de vote) donc. Plutôt étonnant pour un professeur. Pas de ralliement.


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Le candidat centriste avait devant lui une opportunité colossale. Royal a besoin de lui pour gagner. Il avait donc toute latitude pour négocier la formation de son Parti Démocrate. Plus qu'un ralliement à la gauche, il aurait pu créer un centre gauche après une mise à plat des deux programmes. Mais celui qui a fait sa campagne sur la thématique du rejet de la droite dont il était le fils indigne, du modèle Prodi de gouvernement de centre gauche, sur la thématique de l'Union nationale a préféré refuser une occasion trop facile. Essai non transformé. Promesses en l'air. Belle hypocrisie d'un candidat qui prône l'ouverture en faisant le jeu de la fermeture. Remarquez, candidat d'un appareil partisan né en 1978, il se dit le candidat du contre pouvoir. Jolie boutade. Mais de mauvais goût, tant elle prend les auditeurs pour des cons.


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En ne choisissant pas, François Bayrou a objectivement choisi la victoire de Nicolas Sarkozy. Il est l'allié de Sarkozy, n'en soyons pas dupe. C'est le statu quo ante. C'est le grand retour du centre mou, du ventre mou de la démocratie chrétienne, de la vassalité satellitaire à l'égard de la droite dure. C'est tout sauf le programme annoncé. Et ce n'est surtout pas une voie nouvelle. C'est d'autant plus grave que Bayrou a créé de l'espoir chez certaines personnes, nombreuses d'ailleurs. Pourtant, il n'offre à ceux là que de lourdes désillusions.


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A trop vouloir purger autour de lui, Bayrou va se retrouver seul. Sans allié pour l'union du pays. Et reconstruire une nation sur sa seule personne, ça fait peu comme programme. C'est donc le triomphe flamboyant de la politique politicienne que l'homme fustigeait. Dans un poker dangereux, Bayrou joue le bluff, et mise sur sa petite personne pour 2012. Lui, survivra à cinq ans de sarkozysme. La France, c'est autre chose. Mais il s'en fout. Lui, vivra bien.


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Super menteur vient de trouver son maître. Tonton avait raison de croire en lui. Cet homme vient de nous montrer qu'il est le pire de tous. Surfant sur les pourcentages en condamnant la folie sondagière, critiquant les médias tout puissants sur le plateau de TF1 devenu sa seconde maison, le voilà qui refuse de choisir, par lâcheté, là où il prônait la concorde avec la gauche. Pauvre homme. J'ai pitié pour vous. Heureusement, on est pas prêt de vous revoir. Car il ne vaut mieux pas miser sur vous. Vous êtes bien placé pour le savoir, un mauvais cheval n'arrive jamais bien loin...

00:17 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : François Bayrou, UDF, Parti Démocrate, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, consigne de vote, 6 mai 2007

25.04.2007

Isegoria #2 : Le pouvoir local du citoyen, la citoyenneté en mode actif

Mardi 20 mars a eu lieu la deuxième session d’Isegoria, le débat citoyen. Ce projet propose de faire se rencontrer des individus, quels que soient leurs parcours, leurs modes de vie, leurs orientations politiques, leurs confessions ou leurs idéologies, et de les faire débattre et échanger à propos de grands enjeux qui font le monde d’aujourd’hui et feront les mondes de demain…

Voici le compte rendu de la deuxième rencontre sur le thème du pouvoir local du citoyen. Notre témoin, Christophe Grébert, est journaliste, passionné de nouveaux médias, militant socialiste, membre du Syndicat National des Journalistes, militant contre l'homophobie et habitant de Puteaux. Il a crée le 1er mai 2002 le site Mon Puteaux qui propose de faire circuler l'information locale et qui est un lieu de débat. Autour de lui, quatre citoyens : Jean-Michel Comte, habitant du Xème arrondissement de Paris qui est président de l'association du Passage des petites écuries et animateur du blog Rentre chez toi créé par des riverains du QG de Nicolas Sarkozy rue d'Enghien ; Eric Mainville, blogueur sur Crise dans les médias et membre du réseau Freemen ; Frédéric Badina, blogueur, étudiant en aménagement du territoire, engagé en politique et dans l'associatif, il est notamment impliqué dans certains conseils de quartiers parisiens, il est vice président de l'association Voiture & co et délégué jeune chez Cap 21 ; Fabien Neveu, responsable de l'association Démocratie Active qui organise depuis 1997 des rencontres et des cercles de réflexion sur les thématiques citoyennes.

Vers l’engagement citoyen :

Nombre de citoyens font aujourd’hui le constat d’une crise de la représentativité et de la démocratie représentative en général. Et ce constat se base sur l’idée d’une césure forte entre les élus et leurs électeurs, les élus donnant l’impression d’accaparer le pouvoir à leur compte et les électeurs pensant ne plus pouvoir avoir prise sur le débat public. De ces dérives apparentes et largement perçues de la démocratie représentative à la nécessité d’une prise de pouvoir local, il n’y a qu’un pas. En effet, pour combler ce sentiment de dépossession, beaucoup de citoyens décident de s’engager localement. Quel que soit le déclencheur de départ, que ce soit un choc suite à un résultat électoral ou que ce soit le fruit d’un long parcours personnel, le citoyen a envie de s’engager, d’opérer une action concrète, et de découvrir directement les résultats de ses actions.

Ainsi, démocratie représentative et démocratie participative deviennent complémentaires. D’un côté, le citoyen élit ses représentants périodiquement. De l’autre, il a la possibilité de travailler sur le terrain, localement, pour suivre la politique de son élu, pour compléter son travail ou pour le contrôler.

Le premier problème posé par cet engagement citoyen, c’est son encadrement. Il est rare de voir un citoyen s’engager sans faire partie d’une organisation. Syndicats, partis politiques ou associations, tous les organismes permettent cette prise de pouvoir local. On peut alors se demander qui de l’engagement ou de l’organisation a permis l’action citoyenne. Est-ce le citoyen qui adhère à une organisation pour donner plus de poids à son action et pour partager son expérience ? Ou est-ce l’organisation qui crée des vocations et canalise les énergies ? En d’autres termes, se dirige-t-on vers une figure du citoyen indépendant ou du citoyen comme produit d’un système politique, comme rouage d'une machine du pouvoir ?

L’engagement citoyen, un saut d’obstacles :

L’engagement citoyen est un parcours complexe. Tous les citoyens présents pendant le débat n’ont pas manqué de le souligner et de partager leurs difficultés. Le principal problème qui se pose est celui du blocage informatif. Les seules sources dont dispose localement le citoyen sont celles produites par la mairie ou les autorités locales. Et parfois, ces informations peuvent prendre des allures de propagande. Et quand le citoyen décide de dépasser ces informations et de se faire lui-même sa propre opinion, il n’est pas rare de voir des obstacles se dresser devant lui. On vous demande un rendez-vous pour obtenir de la documentation, souvent aux heures où vous travaillez et sans forcément venir vous accueillir à l’heure dite, ou l'on supprime la tribune de l’opposition dans la presse locale alors que la loi l’impose. Bref, on n’aime pas que le citoyen fasse un travail d’investigation ou d’information qui pourrait déranger. On regarde d’un mauvais œil le "citoyen poil à gratter".

Un des moyens de pallier ces difficultés et de faciliter son action, c’est Internet. Internet est un outil qui permet d’amplifier cette action citoyenne, de lui donner du poids, de la médiatiser et de la développer. Internet n’est pas une fin, il est un moyen, un levier de l’engagement citoyen. Le poids qu’a pris Internet est indéniable. Dans les Hauts de Seine, par exemple, lorsque des sites et des blogs citoyens se sont ouverts, la majorité au pouvoir a immédiatement pris le contre-pied en ouvrant à son tour des blogs. Et de nombreuses mairies ont peur que les conseils de quartier ouvrent leur site car Internet permet aux citoyens de peser plus lourd dans la balance. Christophe Grébert, par exemple, le sait bien, la médiatisation enclenchée par son blog lui a permis de financer sa défense devant les tribunaux de Puteaux.

Quelle place pour le citoyen ?

Dans la démocratie représentative actuelle, les élus laissent peu de places aux citoyens. De manière logique, une majorité de citoyens décide de ne pas participer au processus démocratique qui ne leur laisse pas assez de latitude. Les élus, partant de ce constat et de ce supposé désintérêt des citoyens, décident de ne pas prendre le parti de l’ouverture citoyenne. Et ainsi s’enclenche un cercle vicieux. Les représentants sont persuadés que les citoyens ne s’intéressent pas au débat public et les citoyens sont convaincus que les représentants ne veulent pas les laisser s'exprimer. Pour casser ce cercle, il faut que la transparence et la liberté d’expression soient assurées et qu’une brèche s’ouvre.

Mais une fois la voie ouverte à l’action citoyenne, quelle place doit ou peut prendre le citoyen ? Les citoyens présents pendant le débat ont majoritairement rejeté l’idée que le citoyen doit contrôler l’élu. Le citoyen ne doit pas être un juge. Pour sanctionner un représentant qu’il juge incompétent, il a à ses côtés l’arme du bulletin de vote.

Mais d’un autre côté, les mêmes participants ont souligné le fait que les représentants devaient consulter les citoyens, les électeurs, en prenant en compte leur parole. Il faut que cette consultation soit coercitive, sans quoi, on s’écarte des principes démocratiques. Il faut trouver un équilibre stable entre la consultation locale du citoyen et les décisions prises par les représentants. Il faut trouver une adéquation, ce qui fait de l’élu un arbitre des intérêts, un garant du respect de la parole citoyenne.

Ainsi, il y aurait un réel partage des rôles entre citoyens et représentants à l’échelle locale. La démocratie représentative serait celle du pouvoir des élus et la démocratie participative serait celle de la consultation, de la communication et de l’activisme citoyen. Les deux n’étant pas antinomiques mais complémentaires.

La citoyenneté active, un idéal ?

Même si la participation citoyenne aux affaires publiques a été saluée par les participants, peu sont ceux qui ont oublié de mettre l’accent sur les limites de cet engagement citoyen. D’abord, en France, il n’y a pas de culture de la négociation ou de la concertation qui permet d’ancrer les débats entre citoyens et représentants dans les pratiques politiques. Il y a donc une nécessité d’éducation des citoyens. Autrement dit, la citoyenneté n’est pas innée, elle s’apprend.

Eternel problème ensuite, celui des compétences. Le citoyen n’est pas toujours compétent et il ne pourrait ainsi pas toujours participer à la vie de la cité. Il vaut mieux former les citoyens et utiliser des experts pour amender la politique des représentants. C’est en substance l’avertissement que certains ont pu prononcer. Faut-il être « compétent » pour participer à la vie politique ? Faut-il exclure certains et selon quels critères ? La question se pose depuis 1789 à chaque mouvement de réforme du gouvernement représentatif. Et elle se pose encore en 2007 pour certains.

Autre avertissement apporté par les participants, celui du champ d’action du citoyen à l’échelle locale. Le citoyen qui se sent presque « inutile » dans la démocratie représentative décide de s’engager localement pour faire valoir ses droits. Pour pousser à l’extrême la critique on pourrait dire que le citoyen troque son pouvoir national contre le droit de donner son avis sur l’emplacement de tel ou tel massif de fleurs ou sur le nombre de caméras de vidéosurveillance à installer. Si la démocratie représentative et la démocratie participative peuvent être complémentaires on peut se demander si elles doivent réellement se substituer l’une à l’autre, tant elles n'ont pas le même sens et le même poids.

Autre critique, le passage à ce que l'on pourrait appeler l’hyperdémocratie. Certains pensent que le citoyen a avant tout un caractère égoïste. Il participerait à la vie de la cité pour défendre son point de vue, ses intérêts, ses objectifs. Aucun consensus n’est donc réellement possible dans cette optique. Seul résultat, des débats interminables, des oppositions, des heurts incessants. C’est l’idée d’une démocratie directe qui serait en fait une hyperdémocratie non viable.

Dernière critique. Donner le pouvoir au citoyen comporte un risque. On peut se demander dans quelle mesure le pouvoir citoyen est un pouvoir de construction, le citoyen se plaçant régulièrement dans une posture de contre pouvoir et de critique des représentants. Le citoyen doit-il limiter le pouvoir de certains ou construire son propre pouvoir ?

Vers une réinvention de la démocratie ?

Dès lors, se pose la question de la finalité de cet engagement citoyen. Est-ce que l'engagement local est une étape nécessaire, un investissement local pour une action globale ? Cet engagement est-il un laboratoire d'expérimentations du vivre ensemble ? Est-ce que ces nouvelles pratiques participatives doivent servir d’exemple pour modifier la démocratie représentative ou est ce qu’elles sont une nouvelle façon de faire de la politique qui créeraient un nouveau pouvoir ?

16:45 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : isegoria, débat, citoyen, citoyenneté, pouvoir local citoyen

Si nous voulons rêver, réveillons nous !

Quoi qu'il arrive dans quelques jours, n'oublions pas le principal, la seule raison d'espérer, le peuple des citoyens a le pouvoir. Ne l'oublions jamais...






Patti Smith : 1988 : People have the power

I was dreaming in my dreaming
Of an aspect bright and fair
And my sleeping it was broken
But my dream it lingered near
In the form of shining valleys
Where the pure air recognized
And my senses newly opened
I awakened to the cry
That the people have the power
To redeem the work of fools
Upon the meek the graces shower
It's decreed the people rule

The people have the power
The people have the power
The people have the power
The people have the power

Vengeful aspects became suspect
And bending low as if to hear
And the armies ceased advancing
Because the people had their ear
And the shepherds and the soldiers
Lay beneath the stars
Exchanging visions
And laying arms
To waste in the dust
In the form of shining valleys
Where the pure air recognized
And my senses newly opened
I awakened to the cry

The people have the power
The people have the power
The people have the power
The people have the power

Where there were deserts
I saw fountains
Like cream the waters rise
And we strolled there together
With none to laugh or criticize
And the leopard
And the lamb
Lay together truly bound
I was hoping in my hoping
To recall what I had found
I was dreaming in my dreaming
God knows a purer view
As I surrender to my sleeping
I commit my dream to you

The people have the power
The people have the power
The people have the power
The people have the power

The power to dream to rule
To wrestle the world from fools
It's decreed the people rule
It's decreed the people rule
Listen. I believe everything we dream
Can come to pass through our union
We can turn the world around
We can turn the earth's revolution

We have the power
People have the power

11:05 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patti smith, people have the power

24.04.2007

Le 6 mai, c'est le référendum !

Contrairement à ce que veulent nous faire croire Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le deuxième tour ne sera pas un affrontement bipolaire projet contre projet, vision de la France contre vision de la France. Ne nous y trompons pas, le 6 mai, si nous sommes appelés aux urnes, c'est bien pour un référendum sur la personne même de Nicolas Sarkozy. Le bulletin Sarkozy symbolise le "oui", le bulletin Royal celui du "non". Voulons nous de la France d'après, de la France qui se lêve tôt, de la France qui lorgne sur sa droite ? Voilà la question de ce scrutin. Rien d'autre. Pas question donc d'adhésion à un projet.


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Et voilà monsieur Bayrou confronté à un choix cornélien. Si lui même ou ses électeurs votent Sarkozy, cela voudra dire qu'ils choisissent la voix de l'ancien pouvoir, la voix du vieux monde qu'ils dénonçaient jusqu'à lors. C'est se garder une place facile au pouvoir. C'est pactiser avec l'ennemi de la campagne.

Se rallier à Ségolène Royal, c'est se donner la chance d'être en position de force pour créer en France un centre gauche désormais majoritaire. C'est concrétiser la volonté de créer un grand parti démocrate. Même si j'y suis personnellement hostile, je le comprendrais et je voterais quand même pour Ségolène Royal. Même si je suis persuadé que la vérité politique se trouve à la gauche de la gauche, je le concevrais. Et ce serait tout à l'honneur de François Bayrou contrairement à ce que j'entends dire. Bayrou seul n'a pas d'avenir, il ne peut pas faire autrement que de rallier la gauche.

Se défiler et demander l'abstention ou le vote blanc serait d'une part un manque de courage grossier et d'autre part une alliance objective avec Sarkozy. Un blanc-seing. Ne pas demander à voter pour Royal, c'est faire gagner Sarkozy. J'espère que Bayrou et ses électeurs en sont bien conscients. Car s'ils ne font pas ce choix, c'est à une France bien arrogante et fascisante qu'ils nous livrent.


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Alors le 6 mai, votons pour une République de centre gauche plutôt que pour une République de droite extrêmiste. C'est à moindre mal. Même un utopiste comme moi l'admet. C'est dire. Me voilà devenu plus royaliste que le roi. Ne faisons pas l'erreur de croire que les deux sont les mêmes. C'est faux sur trop d'aspects. Ne serait ce que sur l'attachement aux droits de l'homme, à la dignité humaine et au respect des différences. Ce n'est pas rien. Votons en conscience.

19:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 6 mai 2007, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou

23.04.2007

J'aimerais que le 6 mai n'arrive jamais...

Je vais vous avouer un truc. Mais, ça reste entre nous... Pour le 6 mai, à 20 heures, j'ai peur, très peur ! J'ai peur de mon propre pays, de mes propres concitoyens, peur qu'ils m'offrent cinq ans de démence et de chaos social...


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22:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 6 mai 2007, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy

L'immobilisme est en marche !

Ca, c'est fait. Louis Napoléon Sarkozy à 31 %. Jeanne Royal la Pucelle à 25 %. La campagne aura été très utile puisque le résultat est celui annoncé par les médias depuis plus d'un an. C'est la victoire triomphante de l'immobilisme, de l'établissement, de l'ordre établi, du système. Le triomphe de la démocratie d'opinion et des mass médias. C'est surtout la défaite de la démocratie citoyenne devant les machines partisanes.


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Et chacun de se réjouir devant la colossale participation. Chic, les électeurs, déguisés en moutons, sont allés massivement dans l'isoloir, transformé en abattoir. Il y a effectivement de quoi se réjouir. Alors que retenir de cette soirée électorale ?

François Bayrou n'est pas présent au second tour mais il a désormais la dure tâche d'être un arbitre. Il ne peut ni se rallier à Sarko, ni prendre le risque de partir à gauche. Pourtant, il va devoir le faire. Pas simple.

Le Pen fait un bide. Réjouissant au premier abord. Ca l'est moins quand on voit les lieutenants sarkozystes dire, le sourire aux lèvres : "c'est nous qu'on les a eu les brebis égarées sur les terres frontistes !". Pas complexés les mecs quand même !

Les petits partis sont morts. Tués par cette saloperie de vote utile. Ils n'ont plus le droit de cité. Personne ne sera remboursé. C'est une catastrophe pour les prochains scrutins et la démocratie pluraliste. Vive le modèle anglosaxon, avec les démocrates contre les républicains. La droite molle contre la droite dure. Et celui qui dépense le plus, gagne à la fin. Est-cela que les Français veulent ?

Et surtout, surtout, l'écologie politique a souffert. 1,6 %. Ce n'est rien. Rien pour négocier des circonscriptions législatives avec le PS. Rien pour peser dans les politiques publiques.


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Alors que faire ? Nous avons le choix entre deux programmes. Tous les deux capitalistes, non écologiques, infondés et sécuritaires. L'un à gauche. L'autre à droite. Nous avons le choix entre la gauche molle et la droite fascisante. Il va donc falloir apprendre à voter avec le sourire pour le PS. Dommage. Et pourtant. Et pourtant. Il va falloir le faire pour que la France ne sombre pas pendant 5 ans de Sarkozy...

11:57 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 22 avril 2007, Sarkozy, Royal, Bayrou, Le Pen, écologie politique, capitalisme

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