19.11.2006

Tribune n°16 : Oaxaca... soutenons les hommes libres !

Il y a quelques semaines, je vous parlais ici des troubles qui ont lieu en ce moment même au Mexique, à Oaxaca. Même si les médias occidentaux ont gardé le silence ou s'ils ont voulu nous faire croire à une pacification ou à un retour à l'ordre, il est indéniable que les problèmes ne sont pas réglés et que des hommes libres continuent à se battre.

Si vous voulez connaître les détails de l'évolution de ces luttes, vous pouvez lire ou relire les excellents articles de Claire ou de José, ou, pour ceux qui parlent espagnol, vous pouvez également visiter le site du journal La Jornada.

Toujours est-il que pour faire pression sur nos gouvernements, la journée du 20 novembre est une journée de soutien aux hommes et femmes d'Oaxaca. Parlons d'eux, montrons leur que nous sommes là, derrière eux. Et pour ceux qui se trouvent à Paris demain, vous pouvez participer à la manifestation qui débutera à 18 h 30 sur le parvis de Beaubourg.

19:00 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Oaxaca, Mexique, médias, liberté, lutte, hommes libres

13.11.2006

Tribune n°15 : Quand Hulot fait du Hulot, ça se voit !

Mercredi 9 novembre, Nicolas Hulot dégainait son pacte écologique. Résultat, il est indéniable que le "petit homme vert" a la gachette facile mais il n'en reste pas moins que son colt manque de cartouches. Dommage ! Pour ne pas être totalement négatif, disons que Nicolas Hulot fait un travail de sensibilisation et de vulgarisation remarquable, mais qu'au niveau des propositions, il reste encore trop timide... Lui qui veut faire de l'écologie un enjeu "majeur, pas plus fort, mais majeur" chute malheureusement dès les premières marches. Son pacte écologique est intéressant mais loin d'être suffisant !


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Parmi les 10 enjeux retenus par Hulot et sa fondation, ses projets concernant l'agriculture; le territoire, la fiscalité, la biodiversité, la santé, la recherche et la politique internationale sont plutôt bien pensés, mais il reste quelques points qui restent trop légers, et pas des moindres : 1. Transports : Sortir du tout routier en développant les transports en commun et le vélo. Certes mais ça ne règle pas le problème. Si la solution est viable dans les grandes villes qui pourraient (et devraient ?) devenir piétonnes, que faire dans les endroits isolés ? Dire aux gens qu'ils n'ont qu'à faire un peu plus de vélo, c'est une bonne blague, mais ça ne répond pas à la question. Et si l'on pensait à développer des moyens de transports routiers écologiques, pas des fausses solutions façon biocarburants mais des machines à base de solaire par exemple ?


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2. Economie : Créer une logique de la durabilité et concevoir des produits pour qu'ils durent et soient réparables. Pourquoi pas. Mais en termes d'économie pourquoi ne pas s'attaquer aux vrais problèmes ? Le point central est le fait qu'il va falloir repenser en profondeur notre modèle de croissance économique. Le capitalisme et ses modes de production suicidaires doit être oublié pour faire émerger une économie respectueuse de l'environnement et des hommes, que les produits soient recyclables ou non !


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3. Energie : Organiser la baisse de la consommation afin de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. On peut aussi arrêter avec cette politique du moins pire, et dire que le but n'est pas de consommer moins de pétrole et d'énergies fossiles mais de consommer des énergies propres et renouvelables. Il ne faut pas se freiner, il faut produire propre et vivable.


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Ensuite, ce sont les cinq propositions qui sont les plus problématiques. Si je suis d'accord pour dire qu'il faut lancer une grande politique d'éducation et de sensibilisation et pour réorienter les subventions agricoles vers une agriculture de qualité. Je ne vois pas bien ce que l'augmentation de la démocratie participative, même si j'y suis favorable, changera aux enjeux écologiques. En ce qui concerne l'instauration d'une taxe carbone, je crois que Nicolas Hulot se trompe d'objectif. La question n'est pas de faire payer les pollueurs, la question centrale est de ne plus polluer. Que changerait une taxe ? Elle prendrait de l'argent aux riches pollueurs, mais ferait-elle diminuer les émissions de gaz à effet de serre si ces derniers ont les moyens de payer ?


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Enfin, le grand débat sur le vice premier ministre chargé du développement durable me paraît complétement fallacieux. D'abord, la question ne se pose pas en termes de poste honorifique mais de budget. On se fout du poste, ce qui compte c'est l'énergie et les moyens que l'on y mettra. Enfin, l'écologie n'a pas à être un flic qui tape sur nos têtes quand nous pensons ou agissons anti-écolo. Si tous les ministres continuent à agir, la tête dans le guidon, et à proposer des mesures contraires aux questions environnementales, cela ne sert à rien de dire en fin d'opération que ce n'est pas comme ça qu'il faut agir, parce que ce sera tout simplement trop tard ! Le but est de faire que chaque action devienne écologique à sa source, et non pas que l'on mesure à la fin sa compatibilité avec les enjeux environnementaux. L'écologie doit se placer dans chaque étape de la procédure, pas en fin de chaîne... Sinon cela n'a pas de sens.

Bon, et sinon, monsieur Hulot, vous comptez changer les mentalités ? C'est très bien ça... !

17:10 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Hulot, écologie, environnement, pacte écologique, mentalités

05.11.2006

Tribune n°14 : USA 0 - Irak 0 : match nul ?

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Aujourd'hui, Saddam Hussein a été déclaré coupable de crime contre l'Humanité, le dictateur sera pendu. Mardi, George W. Bush et ses potes républicains vont perdre les "mid-term elections" face aux démocrates. Le président sera menotté par l'opposition.

C'est à croire que le Bien et le Mal existent vraiment. On aurait ici l'illustration parfaite de la différence entre ces deux pôles. Entre deux tyrans, l'un perd la vie, l'autre perd le pouvoir. Question de logique... le despote démocrate ne peut pas subir le même traitement que le dictateur tyrannique.

Match nul entre Etats-Unis et Irak donc, car au final si l'un perd la tête et l'autre perd la face, ce sont deux peuples qui ont perdu beaucoup à cause de ces deux hommes. Match d'une nullité effarante.

12:05 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Etats-Unis, Irak, dictateur, démocrate, Bien, Mal

29.10.2006

Tribune n°13 : Mettre fin à la caste gouvernante ?

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Le documentaire Patrick Rotman sur Jacques Chirac, diffusé en début de semaine, retrace le parcours d'une bête politique. Tour à tour, jeune étudiant oisif, "jeune loup" pompidolien, "château Chirac", "Facho Chirac", sous lieutenant militaire ou politique, chef des intrigues de couloir, leader encensé ou déchu, technocrate adjudant, "vieux loup", homme d'Etat, etc, etc, etc. Jacques Chirac a traversé les décennies, exerçant toutes les plus hautes fonctions, survivant à chaque crise et à chaque président.

Au delà de son constat, ce qui frappe donc, c'est sa survivance politique. Jacques Chirac est un professionnel de la politique qui depuis plus de 40 ans squatte la compétition politique et brigue chaque fauteuil. A l'heure où l'on compte lutter contre cette installation de la caste politique et pour le renouvellement des élites gouvernantes, Jacques Chirac est l'exemple parfait du modèle à abattre.

Pour lutter dans ce sens, tous les partis ou presque, surfant sur une vague démocratique ambiante, font des promesses démagogiques : limiter le nombre de mandats. Ségolène Royal explique que chaque mandat doit être renouvelé deux fois au maximum. Bilan, un homme politique peut-être deux fois maire, deux fois conseiller général, deux fois conseiller régional, deux fois députés, deux fois sénateurs, deux fois député européen, deux fois premier ministre, deux fois président de la République, deux fois ministre, et ainsi de suite ! Réforme qui n'en est donc pas une car elle ne lutte en rien contre cette professionnalisation politique.


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Les partis politiques ont pour principal objectif la conquête du pouvoir. Ce n'est pas un jugement péjoratif, c'est un fait qui guide les actions des structures et des hommes. Les professionnels de la politique vivent de la politique, par la politique et pour la politique. Comment espérer un renouvellement ?

Et bien, pourquoi ne pas limiter vraiment les mandats ? Par exemple, disons qu'un individu ne peut pas exercer plus de cinq postes dans sa vie, tous mandats confondus. Là, nous pourrions dire que nous lutterions contre une installation et une persistance des hommes et pour un renouvellement des politiques...

10:45 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

22.10.2006

Tribune n°12 : L'Islande en matador des mers !

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L'Islande vient de reprendre la chasse à la baleine. Un baleinier a ainsi tué un rorqual d'une vingtaine de mètres, malgré l'interdiction internationale.

En 1982, l'Islande met en place un moratoire qui sera appliqué en 1986. En 1990, le gouvernement islandais arrête la chasse commerciale et scientifique de la baleine. En 2003, ouvre un programme scientifique de chasse à la baleine. Profitant de l'assouplissement des interdits de la Convention internationale sur les espèces en danger et de la déclaration récente de la Commission Baleinière Internationale (CBI) qui stipulait que le moratoire n'avait plus de raison d'être, l'Islande rejoint la Norvège et reprend sa chasse commerciale, officiellement limitée à quelques prises par an.

Cette espèce en danger est chassée pour l'exportation. Si les Islandais ne consomment presque plus de baleines, les japonais, eux, en sont friands, et les prix attractifs permettent de relancer cette chasse à la baleine, ces tueries d'espèces en voix de disparition. Les autorités islandaises se défendent en disant qu'il reste encore suffisamment de rorquals dans les eaux côtières pour pouvoir promouvoir une pêche sporadique. Mais on connaît les abus, des pêcheurs japonais par exemple, abus incontrôlables.


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L'Islande, pays qui s'intéresse de près à l'écologie et promeut des solutions environnementales transitoires intéressantes (géothermie, voitures à l'hydrogène, en tête) se place donc en contradiction avec ses principes. Agoravox indique même que cette recherche de ressources servirait à financer des barrages hydroélectriques très coûteux. Chasse à la baleine pour financer des constructions qui peuvent mener à des catastrophes écologiques. L''expérience du barrage d'Assouan sur le Nil l'a montré : mort des poissons par sous oxygénation de l'eau dormante de la retenue du barrage ou par sur oxygénation de l'eau lors de l'ouverture brutale et massive des vannes du barrage, recul du delta qui a forcé les paysans à utiliser beaucoup d'engrais toxiques pour garder leurs rendements agricoles. La menace que représente le barrage des Trois-Gorges sur le Yangtsé pour la biodiversité des espèces est un autre exemple des conséquences nocives de ce type d'ouvrages sur l'environnement. Parenthèse refermée ! Double erreur islandaise donc.

Après cette réouverture de la chasse à la baleine, Bruxelles appelle l'Islande à reconsidérer sa décision, Canberra, symbole d'une Australie farouche protectrice des baleines condamne cette reprise des hostilités, Paris suit la même logique, et seule la Norvège se réjouit de l'évènement.

Plus que jamais, il est temps de reconsidérer les possibilités d'actions contre des Etats, des entreprises et des individus qui s'attaquent à la stabilité de notre environnement. Pourquoi ne pas créer un organe international indépendant, capable de sanctionner les actes anti écologiques et de faire respecter la protection de l'environnement, durablement et fermement ?

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18:56 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

08.10.2006

Tribune n°11 : Le législateur et l'Histoire

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Après le débat sur le rôle "positif" de la colonisation, l'Etat remet ça. Cette fois-ci, ce sont les députés PS qui demandent à la majorité de voter une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Cette négation serait désormais perçue comme un délit punissable d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende.

Que la France reconnaisse le génocide arménien, très bien. Que Jacques Chirac demande à la Turquie de le reconnaître avant de proposer son adhésion à l'Europe, passe encore. Que l'Etat français, et en l'ocurrence les députés, fassent l'Histoire, là, ça ne va pas.

La loi n'a pas à faire l'histoire, la loi n'a pas à imposer sa vision de l'histoire, la loi n'a pas à décider de l'histoire d'un autre pays.

Le génocide arménien a eu lieu. Que certains refusent de le reconnaître, ça ne change rien aux faits. Les historiens ont tranché. Alors arrêtons de nous tourner vers un passé sombre, arrêtons d'interdire à tort et à travers, et tournons nous vers un avenir sans génocide...

10:15 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

30.09.2006

Tribune n°10 : République des blogs ?


L'évènement blogosphérique de la semaine, c'était la deuxième édition de la République des blogs organisée à Paris par Versac le 27 septembre.

Nouvelle expérience pour moi dans le monde des blogs puisque je n'étais pas venu à la première version en juin. Le blog étant pour moi un moyen d'expression et de débat mais avant tout, un prétexte pour les rencontres moins "virtuelles", j'ai trouvé le principe de la rencontre entre blogueurs politiques tout à fait séduisant. J'ai passé une excellente soirée avec Francesco Casabaldi, Charlie, Laurent, Thierry Crouzet et Fred (un financier international non blogueur).


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Quitterie Delmas, atout charme de l'UDF, en train de découvrir avec Laurent et moi-même ce qu'est le réseau Freemen !


Cette fois-ci, deux politiques ont décidé de venir rendre visite aux blogueurs. Dominique Voynet et François Bayrou (invité par Thierry Crouzet) ont donc écouté et débattu. Débat qui, d'après les échos, avait l'air tout à fait ouvert et intéressant. Pour ma part, je n'ai pas pu et voulu approcher ces deux là, trop assaillis par les blogueurs. Il faut ajouter à tout ça la présence d'un militant des jeunesses socialistes, de deux jeunes militantes UDF, de Christophe Grébert affichant clairement son soutien à DSK, d'Eric Walter (UMP), de Franck, militant vert, de Medhi Guiraud du parti blanc, de Thierry Solère (UMP) et d'Alexandre-Guillaume Tollinchi, conseillers national des jeunes UMP. Une rencontre entre blogueurs politiques très politisée donc.


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Voilà un bon résumé de la soirée : Caméras, UDF souriant et bières !
Et les blogs dans tout ça ?



Mais il y a un "mais". La rencontre entre le monde politique et les blogueurs aurait pu être plus fructueuse si les médias traditionnels n'avaient pas envahi le café. Des équipes de TF1, d'Europe 1, de France Inter, du Monde.fr, et de Canal +, entre autres, des blogueurs devenus plus podcasteurs que citoyens, et un Jean-Pierre Elkabach venu avec ses courtisans pêcher les quelques blogueurs influents ici. Si certains ont peur de la récupération du phénomène par les politiciens, je crois que nous avons plus à craindre des journalistes venus monopoliser le débat.


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Elkabach et Tollinchi venus montrer leur minois !


Arrivés avec des idées prémâchées, ils sont repartis avec des articles préécrits, prépensés et formatés. Consensus mou recueilli par des journalistes qui n'avaient strictement aucune idée de ce qu'était un blog. "Êtes-vous de gauche ?", "Êtes-vous de droite ?", "Que pensez-vous de la campagne présidentielle ?"... les interviews n'avaient pour seul but que de restreindre le champ des possibles, de limiter le débat, d'inscrire chaque parole dans un carcan politicard, de rendre le débat stérile. Alors, au milieu de ces interruptions importunes, difficile de refaire le monde entre blogueurs.


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Nicolas Vanbremeersch, alias Versac (à droite), interviewé par le "brillant" journaliste de TF1...


Bilan, si les blogs sont un cinquième pouvoir qui peut être puissant et influent, impossible de ne pas remarquer que ce pouvoir n'est pas maître de lui-même. Cette nébuleuse d'idées reste pour certains un objet médiatique et devient donc pour tous une sorte de bête de foire plus drôle qu'importante. Dommage !

PS : Je lance ici un appel personnel. J'ai aperçu à cette soirée Eric, Jennifer et Alexis, j'ai raté Adam Kesher, et j'ai regretté l'absence de José et de Nico. La prochaine fois j'espère ! Ou ailleurs...

Last but not least, merci à Axel Karakartal de Page2007.com pour les photos !

10:40 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

23.09.2006

Tribune n°9 : Un arrière-goût de Guerre Froide !

L'organisation humanitaire britannique Oxfam est formelle, les dépenses militaires mondiales ont atteint le chiffre record de 1060 milliards de dollars en 2006. En s'appuyant sur les chiffres de l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, Oxfam affirme que les ventes des 100 principales sociétés d'armement ont connu une augmentation de 60 % entre 2000 et 2004.


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Si les Etats-Unis et le Moyen-Orient sont les premiers à se fournir en arme, on peut aussi noter qu'entre 1985 et 2000, les dépenses militaires du Rwanda, de la République Démocratique du Congo, du Soudan, du Botswana ou de l'Ouganda ont été multipliées par 2. L'Afrique dépense d'ailleurs 16 milliards de dollars par an pour son armement.


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De manière plus général, on retrouve 5 pays à la tête de ce vaste marché. En 2005, la Russie, les Etats-Unis, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni représentaient 82 % du marché d'armes mondial. Pour vous donner une idée, le montant que les pays riches accordent chaque année à la lutte contre le Sida correspond à 18 jours de dépenses mondiales en armement. Et on pourrait multiplier les exemples. Une majorité de gouvernements privilégient ce type de dépenses à la promotion de l'éducation, du développement, de l'écologie, de la santé ou de la paix.


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Si la vente d'armes ne signifie pas la hausse des conflits, il convient quand même de remarquer que chaque année, les armes légères font plus de morts que les bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagasaki réunies.


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Et si ces chiffres sont alarmants, ils sont bien en dessous de la réalité car on ne compte ici que ce qui peut se compter, c'est à dire les chiffres plus ou moins officiels. On ne comptabilise pas réellement le trafic mondial d'armes. En tous les cas, le monde vient de battre le précédent record qui datait de la fin de la Guerre Froide. En 1988, les dépenses s'élevaient à 1030 milliards de dollars. Ce chiffre avait diminué grâce au respect des promesses de désarmement et de non-prolifération des armes nucléaires. Pourtant, en 1999 ce chiffre commence à augmenter de manière régulière.


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On semble donc revenir à une course à l'armement. Inquiétante tendance qui fait s'éloigner un peu plus les discours pacifistes de nombre de gouvernements. Un désarmement mondial est pourtant plus que souhaitable. C'est désormais au peuple de s'emparer du débat et de réclamer aux dirigeants à la fois une plus grande transparence des budgets et une diminution significative, si ce n'est totale, de ceux-ci. A l'échelle mondiale, s'entend.

17:36 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

17.09.2006

Tribune n°8 : Lobotomisons-nous ! Aseptisons nos pensées...

Ici même, il y a quelques jours, j'abdiquais. Face à un visiteur me demandant de ne pas parler de "société autiste" dans mon article de peur de choquer le badaud, j'ai cédé. Comble de zèle, j'ai même retiré chaque ocurrence du mot dans le texte. Fine stratégie, cette personne a même pris la peine de venir compléter son commentaire en cachant derrière son pseudonyme un lien vers un site sur l'autisme en France, comme pour légitimer son propos et me faire culpabiliser.

Mais si j'ai accepté, ce n'est pas par faiblesse. J'ai cédé avec une idée derrière la tête. J'ai baissé le bouclier pour pouvoir mieux sortir l'épée du fourreau, c'est chose faîte aujourd'hui.


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La dictature du "politiquement correct" est permanente. Si ce langage aseptisé ne s'appliquait, comme son nom l'indique, qu'à la politique, je crois que je pourrais m'y habituer. Je me ferais à l'idée. Je m'interdirais certaines expressions pour en préférer d'autres, plus lisses, plus conformes, plus normales, plus fades... George W. Bush ne serait plus pour moi un "dictateur" mais un "démocrate déviant", Lionel Jospin ne passerait plus pour "un lâche doublé d'un mauvais joueur" mais pour "un valeureux militant sacrifié pour l'honneur de ses camarades", Sarkozy ne serait plus pour moi "un autocrate égocentrique" mais "un audacieux et ambitieux autodidacte". On s'y ferait. On finirait presque par s'y faire. Peut-être.
 

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Mais là, ce n'est plus du "politiquement correct" mais bien autre chose. C'est un nivellement par le bas systématique de la langue française. Langue qui offre tant de libertés et d'infinies nuances. Aujourd'hui, on ne dit plus miraud ou aveugle mais mal-voyant ou non-voyant, on ne dit plus nain mais personne de petite taille. Un trisomique est un handicapé mental, je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'ils y gagnent au change. Parler d'une personne noire est devenu suspect. On parle plutôt d'une personne de couleur. Ainsi de suite. Pourtant, dire qu'une société est autiste, est-ce réellement une atteinte aux réels autistes ? Je ne crois pas. C'est là la richesse de notre langue, la polysémie.

Il faut désormais tout euphémiser, tout polir, arrondir chaque angle, pour ne froisser personne, pour ne pas vexer, pour ne pas déborder. Absurde gommage en règle. Alors, messieurs les censeurs, je tiens à vous dire à tous qu'à partir d'aujourd'hui, il n'est plus question de me demander de modifier mes textes parce que ma réponse sera simple : Je vous emmerde... enfin disons que je vous salis d'excréments ! C'est ça ?

11:25 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

03.09.2006

Tribune n°7 : Poème...

Aujourd’hui, pas de regard sur le monde. Pour une fois, je ne fustigerais et ne critiquerais personne. Laissons le monde de côté, un instant. Aujourd’hui, j’ai décidé de publier ici une chanson. Parmi toutes celles écoutées cet été, je crois que je retiendrais celle-là. C’est vrai, nous sommes très loin des tubes de l’été, des rythmes torrides et des paroles candides, mais j’avoue avoir été charmé par ce texte. Alors, le voici.


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Les Passantes, poème écrit par Antoine Pol et mis en musique par Georges Brassens

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets,
A celles qu’on connaît à peine,
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais.

A celle qu’on voit apparaître
Une seconde, à sa fenêtre,
Et qui, preste, s’évanouit,
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui.

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage,
Font paraître court le chemin ;
Qu’on est seul peut-être à comprendre,
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main.

A celles qui sont déjà prises,
Et qui vivant des heures grises
Près d’un être trop différent,
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant.

Chères images aperçues,
Espérances d’un jour déçues,
Vous serez dans l’oubli demain ;
Pour peu que le bonheur survienne,
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin.

Mais si l’on a manqué sa vie,
On songe, avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus,
Aux cœurs qui doivent vous attendre,
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre,
Aux yeux qu’on a jamais revus.

Alors, aux soirs de lassitude,
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir,
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on a pas su retenir.

16:17 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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