03.05.2007

Pourquoi Royal ?

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A force de discuter à droite et à gauche (ne voyez dans cette expression aucune vision politique), on me demande pourquoi j'en suis venu à encenser Ségolène Royal si rapidement. Je suis parti de la phase de détestation à celle de l'autopersuasion depuis une semaine. C'est un peu la prophétie autoréalisatrice, j'ai tenté de me persuader qu'elle était bien pour finir par penser qu'elle l'était. Comme ça, mon vote de dimanche est simplifié.

Mais hier ça a été une vraie révélation. Du vote anti Sarko je suis passé au vote pour Ségo. Pourquoi ? Pour une raison toute simple, qui paraîtra même futile pour certains, mais qui me semble majeure. Hier, dans ce clash avec Sarkozy, Ségolène Royal a montré quelque chose qu'elle n'avait pas pu ou pas su montrer avant.

Ségolène Royal a montré sa capacité sincère d'indignation, ce qui est, à mon sens, la plus grande qualité humaine. Certains y ont vu de l'agressivité. Je crois qu'ils se trompent. Il y avait de la révolte et de l'indignation dans ses propos, pas une colère stérile. Ca venait des tripes. Pour moi, la révolte est ce que l'Homme a de plus grand. C'est ce qui fait la différence entre les femmes et les hommes libres et debouts et les autres, ceux qui se sont déjà résigné.

Rien que pour cela, Ségolène Royal a mon respect et mon admiration. Elle a su s'indigner. C'est immense. Et ça me suffit amplement. Et si les français venaient à lui en tenir rigueur, si elle perdait à cause de cet excès d'humanité, je m'indignerais à mon tour contre cette grande injustice qui veut que l'honnêteté des uns soit balayée d'un revers de la main par le pragmatisme glacé des autres.

Chapeau bas...

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Bravo Ségolène Royal ! Au delà de la forme que chacun commentera mais qui selon moi ne fait aucun doute, j'espère que beaucoup vont voir que dimanche 6 mai, c'est votre vision de la France qui doit triompher sur celle de Nicolas Sarkozy. Une certaine vision de la France marquée par les valeurs réaffirmée de respect, d'égalité, de solidarité, d'indignation, d'écologie et de partage. Une France renouvelée. Voilà ce que je veux dimanche soir. Merci à vous de m'avoir laissé espérer.

Edit : Voilà l'outil que je cherchais pour vous montrer que mathématiquement la victoire de Royal est envisageable. Ce sera dur. Mais faites votre propre sauce des reports de voix et vous verrez que ça peut marcher ! C'est ici...

Edit bis : Je ne vois pas pourquoi chacun s'entre tue pour savoir qui a gagné. Je vous signale qu'à un moment dans le débat, les deux sont tombés d'accord. Ecoutez bien, c'est édifiant !


02.05.2007

Débat Royal - Sarkozy

Bon je n'ai pas de télévision mais comme il paraît que l'on peut regarder le débat de ce soir sur le site de France2.fr, si la technique ne me lâche pas, promis ce soir je suis et livre mes commentaires sur le débat en direct sur le blog. A toute à l'heure donc...


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17 h 47 : Tibéri fait de la propagande : Bon en attendant ce débat, quelques petites choses. Cet après midi, en rentrant chez moi j'ai reçu un courrier distribué par mon cher maire, Jean Tibéri. Et sans honte, le monsieur t'invite à voter Sarkozy. "Il vous parle de vous et de votre avenir alors que vous voyez se développer une campagne le visant personnellement et qui utilise l'intolérance et l'insulte personnelle. Agir pour seulement éliminer un adversaire, c'est le degré zéro de l'action politique. Ce n'est pas le sens de son action. Et ce ne sera pas le sens de votre vote. [...] En votant le 6 mai pour Nicolas Sarkozy, nous serons fidèles à ce qui est la tradition politique de ce quartier historique du centre de Paris, tout en choisissant vigoureusement les voies de la réforme et du renouvellement".

Ah non mais celle là, c'est la meilleure. L'hôpital qui se moque de la charité. Non mais de quoi je me mêle vieux con ? Je t'écris moi pour te demander de voter Royal ? Non, alors cesse ta propagande. Recevoir de tels déchets propagandistes de la part de tels déchets politiques, c'est un honte.

18 h 05 : Sarkozy joue la victime, pauvre de lui : Encore une bonne. Nicolas Sarkozy se dit la victime d'un "déchaînement médiatique" et pointe du doigt Libération et Le Nouvel Observateur. Et oui monsieur Sarkozy, ça s'appelle la liberté de la presse. C'est étrange mais nous les démocrates nous y sommes très attachés. "Qui peut croire que les médias sont à ma solde ?" ajoute avec un culot dédaigneux celui qui a une pratique des médias très berlusconiesque. Ce n'est en tout cas pas moi qui vais verser une larme sur votre pauvre sort...

18 h 14 : Pourquoi Ségolène va gagner ou la leçon d'arithmétique : Certains ont pu être surpris par mon prompt enthousiasme à dire que Ségolène Royal allait gagner. Je m'explique donc. J'aurais envie de dire que celle que je trouvais fade et agaçante a fait une première semaine de campagne de l'entre deux tours absolument bluffante. Plus à l'aise, plus percutante, Royal se révèle être une bonne politicienne, finalement.

Pour l'explication réelle, je sais qu'il ne faut pas le faire, mais faisons ensemble un petit peu de calcul électoral. Si l'on prend les nombres de votants du premier tour (et non les pourcentages qui ne veulent rien dire), et que l'on essaye de prévoir qui peut voter pour qui, celà donne des chiffres intéressants. En prévoyant un report non systématique de l'extrême gauche sur Ségolène Royal, un report massif des électeurs de Nihous et de Villiers sur Sarkozy, un report franc mais pas total des frontistes sur Sarkozy et en prenant en compte le fait qu'une partie des centristes va s'abstenir ou voter blanc, une plus grande partie va voter Sarkozy et une plus grande partie encore va voter Royal, ça me donne quelques chose comme 16 300 000 voix pour Sarkozy et 16 500 000 voix pour Royal. C'est short, mais c'est jouable. En gros, si le Tout Sauf Sarkozy joue bien à l'extrême gauche, si l'extrême droite reste disciplinée derrière son chef et les électeurs hésitants du centre reviennent vers la gauche contre Sarkozy, mes enfants, les chiffres parlent d'eux-mêmes, c'est tout à fait envisageable.

18 h 32 : Les petits soldats sarkozystes me font rire : Il y a un blog sarkozyste que j'aime bien aller lire, c'est celui du jeune populaire Pierre-Henry Pouchelon. Je pensais qu'il ne pourrait pas faire plus drôle que cet article sur le débat Royal-Bayrou dans lequel il explique avec une verve réjouissante que ce débat est antidémocratique, que ce n'est pas juste, que Bayrou n'est même pas au second tour, que le petit Nicolas ne peut plus parler, que c'est même pas vrai que Sarkozy fait pression, tout ça, tout ça.

Et pourtant, le jeune Pierre-Henry ne m'a pas déçu. Il a été à la hauteur de mes espérances. Il raconte qu'il a été voir comment ça se passait dans le meeting de Royal à Charléty hier. Dès le titre, il s'offusque joliment : "on aurait dit un meeting altermondialiste !"... oh, my God, quelle horreur ! Il fustige le public anti-sarkozyste primaire de babas-cools, de bobos, de jeunes de banlieue soit disant instrumentalisés et de fumeurs de pétards. Il finit par cette inégalable conclusion : "J'espère plus que jamais que nous allons gagner le 6 Mai car ce que j'ai vu cet après midi à Charléty me fait très peur pour l'avenir de la France. Je n'ai pas envie que mon pays ait comme modèle les pays d'Amérique du Sud ou Cuba. J'attends mieux, je suis jeune et je souhaite par dessus tout que la France entre pleinement dans le XXIème siècle." Ah les jeunes sarkozystes, c'est beau quand même !

20 h 14 : Vous ne le répéterez pas, mais je suis surexcité à l'idée d'entendre ce débat. Ca me réjouit d'avance. Je suis le premier à dire que le choix Royal Sarkozy, c'est bof, mais quand même, les clashs gauche droite, ça me fait encore de l'effet à moi.

20 h 43 : A ceux qui pensent que je vais être très partial dans ce débat : Je les incite vivement à relire un article que j'avais écrit il y a quelques semaines sur Royal et les siens. Ici. C'est de loin ce que j'ai pu écrire de plus virulent depuis quelques mois... c'est peu dire !

20 h 48 : Débat orchestré de main de fer : Je viens d'apprendre que le débat sera mené par notre PDDA national et Arlette Chabot. Certes, mais y'a pas un journaliste de gauche dans la salle quand même ?!

20 h 51 : Quand le boudin va, tout va ! : France Info donne une info capitale. Les Français ont choisi le plateau télé pour regarder le débat. Comment le sait-on ? Un charcutier a vendu deux fois plus de saucissons que d'habitude. Investigation journalistique sans faille...

20 h 58 : Les médias sont prêts pour encenser Sarko : France Info donne le ton. Sarkozy le favori viril peut-il perdre ? La petite challenger féminine peut-elle survivre ? Merde. Faites chier quoi...

21 h : Un début étonnant : C'est parti, les compteurs sont à zéro ou presque. Sans avoir rien dit, celui e Royal est déjà à une seconde. Ca la fout mal. L'écologie sera reléguée au rang de sujet de société. Presque banal finalement. Sarkozy commencera, quelle surprise !

21 h 04 : Sarkozy veut un président de la République qui sera un président basé sur la culture du résultat.

21 h 06 : Plus qu'un débat, c'est une tournée de questions lancées. Rien d'un débat démocratique donc.

21 h 08 : "Oui, madame Royal, sur les violences, je suis responsable. J'ai été ministre de l'Intérieur pendant quatre ans." En voilà une phrase qui fait plaisir à entendre...

21 h 12 : Puisque Sarkozy se sent responsable, Royal l'attaque sur son bilan. Le regard suit la parole. Elle va lui tenir tête même si elle a commencé un peu dans les choux... Chic !

21 h 14 : "Je ne veux pas polémiquer avec Madame Royal"... c'est dommage on est là pour ça pourtant. Elle l'interrompt et lui, coulant, "bien sûr madame Royal"...

21 h 21 : Rien de bien intéressant sur le fond. J'aime beaucoup les petites piques incisives de Royal qui visent à déstabiliser le favori. Car il y a bien ici dans les postures un favori et un challenger. J'aime beaucoup l'effort de Sarkozy pour être doux, ses prises à témoin de PPDA et ses "mais Madame" répétés. Bon enfin la délinquance, ç va bien maintenant. On a vite fait parlé de réforme étatique avec la déconcentration mais ça a été vite évité. Dommage.

21 h 22 : Des notes sous la main, quelques sessions MSN ouvertes pour un suivi en live avec des amis. On en reparle à la fin...

21 h 25 : Ségolène Royal veut relancer la croissance. Pour elle, efficacité économique et justice sociale ne sont pas incompatibles. Nicolas Sarkozy commence ses attaques : "à force de parler de tout en même temps, vous allez finir par tout survoler". Il lui lance un "votre ami Blair" et il tente de la déstabiliser sur son manque de cohérence. Elle ne reprend pas ses failles dans les chiffres et les donneés. Dommage. Royal lance une contre attaque osée sur le MEDEF. On se rend coup pour coup.

21 h 44 : La bataille des 35 heures commence : Sarkozy veut que les gens puissent travailler plus pour gagner plus. C'est absurde. Si l'on travaille plus, a-t-on du temps pour le dépenser ? Royal elle, veut que les gens aient du temps à consacrer à leur famille et à leur vie personnelle. Le travail ne doit pas tuer le progrès. Bravo. Elle lui explique que valoriser le travail ça signifie le payer à sa juste valeur et non pas le rendre numériquement supérieur. Elle l'attaque sur le fait qu'il ne reviendra pas sur les 35 heures quoi qu'il dise et souligne l'incohérence de son discours. Vouloir travailler plus n'est pas pouvoir. Et travailler plus c'est ne pas ouvrir la porte à d'autres travailleurs et accroître le chômage. Bien vu.

22 h : Mi parcours : A mi chemin dans ce débat, les attaques fusent, souvent gentilles, parfois acerbes. L'opposition annoncée a bien lieue. Deux personnalités s'affrontent et à ce jeu là Ségolène tient tête dignement à Sarkozy. Après un démarrage maussade, elle a pris confiance. Elle est plus calme et plus à l'aise. Elle tient le débat. Elle mène la barque. Sarkozy commence à hésiter, à perdre patience, à bafouiller, il va craquer. C'est bon. Il n'ose jamais la regarder et préfère regarder les journalistes dont on se demande bien ce qu'ils font à cette table.

22 h 03 : Moment crucial, la politique de Sarkozy sur les prothèses dentaires. Essentiel.

22 h 06 : Mes voisins sarkozystes hurlent de plaisir devant une petite phrase de leur candidat. Je suis cerné.

22 h 14 : Ségolène Royal attaque la conception du pouvoir de Sarkozy "péremptoire et unilatérale". Sarkozy bafouille de plus en plus... La question fiscale ne doit pas être selon lui une question idéologique et la France ne peut pas faire l'Europe en ayant les impôts les plus élevés. Cela ne veut rien dire, mais il a l'air d'assumer son incompétence politique.

22 h 29 : Sarkozy : "je crois à la famille et au travail"... et à la patrie peut être ?

22 h 31 : Le débat a enfin porté sur l'enjeu écologique et Royal a raison, Sarkozy mélange tout. Il est incompétent sur ce sujet majeur dont il se fout. Elle n'a pas manqué de le souligner. L'Alliance lui a donné la note de 8/20, Ségolène a obtenu 16/20. Elle lui fait remarquer. Il tient tête sur les chiffres du nucléaire alors qu'il a tort. Il veut continuer dans le nucléaire et croît dans les bienfaits des biocraburants. Il ne veut pas commercer avec les pays qui ne respectent pas Kyoto. Dommage pour un pro-américain. Ségolène l'achève : "vous avez une approche très approximative sur un sujet majeur, il faudra que vous révisiez !" et d'ajouter "avec vous, tout est possible, même le pire !".

22 h 48 : Sarkozy veut une école de l'autorité et de l'ambition, une école à deux vitesses, l'une pour les riches, l'autre pour les pauvres. Là où Ségolène Royal veut une école de l'égalité, de la solidarité et de la culture. Sarkozy fustige les familles "réceptacles d'allocations" et les "familles défaillantes". C'est honteux de tenir de tels propos.

22 h 58 : Le clash a eu lieu : Ségolène Royal s'est emporté en toute sincérité. Elle n'a pas admis les paroles de Sarkozy sur un sujet qui lui tient à coeur, le handicap. Elle condamne le "summum de l'immoralité" atteint par Sarkozy. Il n'attendait que ça et lui fait son speech dédaigneux sur le fait qu'il faut être calme pour diriger un état. "Il faut garder ses nerfs" ajoute-t-il. Et elle de lui répondre "il y a des colères saines", "je ne m'énerve pas, je me révolte". Je suis touché par son élan d'indignation. Je crois voir une vrai parole dans son discours. Elle a su garder sa capacité de révolte et c'est essentiel. Quoi qu'en dise Sarkozy.

23 h 11 : Sarkozy drague Le Pen : Non à la Turquie. Non à un peuple d'Asie Mineure en Europe. Sarkozy ne connaît pas l'histoire de l'Europe. Pourtant l'Europe s'est toujours faite avec la Turquie. Historiquement la Turquie c'est l'Europe, n'en déplaise aux racistes.

23 h 30 : J'ai beaucoup de notes, mais je ne peux pas tout dire ici. On méprise l'Afrique en réduisant le continent au problème de l'immigration. On finit par la thématique immigration et insécurité, comme on avait commencé le débat. Pour avantager Sarkozy. D'un côté on veut un régime politique du changement, une VIème République qui interdit le cumul des mandats, instaure la proportionnelle, redonne un rôle au Parlement, se fonde sur le dialogue social. De l'autre, on veut rester à ces institutions sclerosées. Le choix est net. On finit avant une conclusion ratée par les deux candidats par une question ridicule : que pensez vous de votre adversaire. Ségolène refuse de rentrer dans ce jeu.

00 h 10 : Bilan : Les médias ont fait leur choix. Sarkozy a été pragmatique, convaincant. C'est la meilleure. Il s'est trompé sur presque tous les chiffres, il a été mauvais sur toutes les thématiques sauf celle de l'insécurité qui a été son combat raté de cinq ans. Mais ce n'est pas grave, les gens aiment le médiocre. Pour moi, Ségolène Royal a été brillante, sincère, forte, intelligente. Je n'aimais pas Ségolène Royal, je dois dire qu'elle m'impressionne et me touche depuis une semaine. Cette femme grandit. C'est positif. Quoi qu'en disent les médias, ouvrez les yeux. Ségolène Royal doit gagner dimanche. Le 6 mai, sans aucun doute, ce sera Ségolène Royal. J'espère que je ne suis pas le seul à avoir été séduit par sa prestation...

01.05.2007

Merci Monsieur Le Pen...

Jean-Marie l'a dit... il l'a fait. Merci à lui. Une fois n'est pas coutume, saluons le... Lors de son défilé du 1er mai, il vient de demander à ses électeurs de ne pas faire confiance à l'un ou à l'autre et de s'abstenir massivement le 6 mai prochain.

En somme voilà une situation assez agréable. Sarkozy se retrouve avec ses 31 % et ceux de Nihous et de Villiers... ça fait donc du 34 %. La gauche pèse dans la balance 36 % comme annoncé il y a quelques jours.

Un partout, balle au centre. Un espoir est possible. Et si les centristes s'abstenaient et votaient majoritairement Ségolène Royal. La défaite de Sarkozy s'offrirait à nous. Quelle belle journée...

Je n'ai qu'une chose à dire... aux deux ninistes qui feront l'élection : aux électeurs de le Pen, soyez disciplinés face au chef ! Aux électeurs centristes, si vous hésitez, abstenez vous et sinon soyez un peu réalistes, voulez vous quelqu'un qui vous exploite ou quelqu'un qui dialogue avec vous ?

27.04.2007

Toujours commencer par s'échauffer !

Je sais que pour beaucoup d'entre vous, arrivés dans l'isoloir le 6 mai, ça va être dur de voter Royal. Moi le premier, je le fais à contre coeur. Alors pour s'entraîner, je vous propose ce petit jeu bien sympathique ou le but du jeu est simple, mettre le plus de coups de boule possible dans la face de Sarko... Simple, efficace, et même drôle !

C'est ici...


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26.04.2007

Bayrou, l'homme qui s'est payé notre tête...

François Bayrou vient de signer son arrêt de mort (politique s'entend), et je crois que c'est tant mieux. Comme prévu Bayrou n'a pas quitté son costume professoral et a distribué les mauvais points à ses deux concurrents, qui n'en sont d'ailleurs pas puisque l'UDF n'est plus dans la course. Pas de consigne (de vote) donc. Plutôt étonnant pour un professeur. Pas de ralliement.


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Le candidat centriste avait devant lui une opportunité colossale. Royal a besoin de lui pour gagner. Il avait donc toute latitude pour négocier la formation de son Parti Démocrate. Plus qu'un ralliement à la gauche, il aurait pu créer un centre gauche après une mise à plat des deux programmes. Mais celui qui a fait sa campagne sur la thématique du rejet de la droite dont il était le fils indigne, du modèle Prodi de gouvernement de centre gauche, sur la thématique de l'Union nationale a préféré refuser une occasion trop facile. Essai non transformé. Promesses en l'air. Belle hypocrisie d'un candidat qui prône l'ouverture en faisant le jeu de la fermeture. Remarquez, candidat d'un appareil partisan né en 1978, il se dit le candidat du contre pouvoir. Jolie boutade. Mais de mauvais goût, tant elle prend les auditeurs pour des cons.


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En ne choisissant pas, François Bayrou a objectivement choisi la victoire de Nicolas Sarkozy. Il est l'allié de Sarkozy, n'en soyons pas dupe. C'est le statu quo ante. C'est le grand retour du centre mou, du ventre mou de la démocratie chrétienne, de la vassalité satellitaire à l'égard de la droite dure. C'est tout sauf le programme annoncé. Et ce n'est surtout pas une voie nouvelle. C'est d'autant plus grave que Bayrou a créé de l'espoir chez certaines personnes, nombreuses d'ailleurs. Pourtant, il n'offre à ceux là que de lourdes désillusions.


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A trop vouloir purger autour de lui, Bayrou va se retrouver seul. Sans allié pour l'union du pays. Et reconstruire une nation sur sa seule personne, ça fait peu comme programme. C'est donc le triomphe flamboyant de la politique politicienne que l'homme fustigeait. Dans un poker dangereux, Bayrou joue le bluff, et mise sur sa petite personne pour 2012. Lui, survivra à cinq ans de sarkozysme. La France, c'est autre chose. Mais il s'en fout. Lui, vivra bien.


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Super menteur vient de trouver son maître. Tonton avait raison de croire en lui. Cet homme vient de nous montrer qu'il est le pire de tous. Surfant sur les pourcentages en condamnant la folie sondagière, critiquant les médias tout puissants sur le plateau de TF1 devenu sa seconde maison, le voilà qui refuse de choisir, par lâcheté, là où il prônait la concorde avec la gauche. Pauvre homme. J'ai pitié pour vous. Heureusement, on est pas prêt de vous revoir. Car il ne vaut mieux pas miser sur vous. Vous êtes bien placé pour le savoir, un mauvais cheval n'arrive jamais bien loin...

24.04.2007

Le 6 mai, c'est le référendum !

Contrairement à ce que veulent nous faire croire Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le deuxième tour ne sera pas un affrontement bipolaire projet contre projet, vision de la France contre vision de la France. Ne nous y trompons pas, le 6 mai, si nous sommes appelés aux urnes, c'est bien pour un référendum sur la personne même de Nicolas Sarkozy. Le bulletin Sarkozy symbolise le "oui", le bulletin Royal celui du "non". Voulons nous de la France d'après, de la France qui se lêve tôt, de la France qui lorgne sur sa droite ? Voilà la question de ce scrutin. Rien d'autre. Pas question donc d'adhésion à un projet.


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Et voilà monsieur Bayrou confronté à un choix cornélien. Si lui même ou ses électeurs votent Sarkozy, cela voudra dire qu'ils choisissent la voix de l'ancien pouvoir, la voix du vieux monde qu'ils dénonçaient jusqu'à lors. C'est se garder une place facile au pouvoir. C'est pactiser avec l'ennemi de la campagne.

Se rallier à Ségolène Royal, c'est se donner la chance d'être en position de force pour créer en France un centre gauche désormais majoritaire. C'est concrétiser la volonté de créer un grand parti démocrate. Même si j'y suis personnellement hostile, je le comprendrais et je voterais quand même pour Ségolène Royal. Même si je suis persuadé que la vérité politique se trouve à la gauche de la gauche, je le concevrais. Et ce serait tout à l'honneur de François Bayrou contrairement à ce que j'entends dire. Bayrou seul n'a pas d'avenir, il ne peut pas faire autrement que de rallier la gauche.

Se défiler et demander l'abstention ou le vote blanc serait d'une part un manque de courage grossier et d'autre part une alliance objective avec Sarkozy. Un blanc-seing. Ne pas demander à voter pour Royal, c'est faire gagner Sarkozy. J'espère que Bayrou et ses électeurs en sont bien conscients. Car s'ils ne font pas ce choix, c'est à une France bien arrogante et fascisante qu'ils nous livrent.


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Alors le 6 mai, votons pour une République de centre gauche plutôt que pour une République de droite extrêmiste. C'est à moindre mal. Même un utopiste comme moi l'admet. C'est dire. Me voilà devenu plus royaliste que le roi. Ne faisons pas l'erreur de croire que les deux sont les mêmes. C'est faux sur trop d'aspects. Ne serait ce que sur l'attachement aux droits de l'homme, à la dignité humaine et au respect des différences. Ce n'est pas rien. Votons en conscience.

23.04.2007

J'aimerais que le 6 mai n'arrive jamais...

Je vais vous avouer un truc. Mais, ça reste entre nous... Pour le 6 mai, à 20 heures, j'ai peur, très peur ! J'ai peur de mon propre pays, de mes propres concitoyens, peur qu'ils m'offrent cinq ans de démence et de chaos social...


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22.02.2007

L'ordre juste...

Petite devinette de la semaine... Qui a dit : "L’ordre juste de la société et de l’État est le devoir essentiel du politique" ?


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Mouais, je vous vois rire, vous trouvez ça trop facile. Ouais bah méfiez vous des apparences. Cette phrase ne vient pas de la dame en rouge, de la sainte Marie-Ségolène Royal... mais alors pas du tout ! Enfin pas vraiment.

C'est Benoit XVI (soupapes [ou était-ce sous-pape ?!]) qui a écrit cette phrase dans son Encyclique Deus Caritas Est. Rien que ça. Vous reprendrez bien un peu de vin de messe mes enfants ? Euh, rouge le vin, rouge comme la rose !

Et les médias voudraient nous faire croire que face au berlusco - busho - facho - Neuilly sur Seino - chef de l'UMPo - ministre de l'Intérieuro - chef du gouvernemento - chef de la police d'Etato - futur présidento - Sarko, il n'y aurait comme seule alternative que la pieuse Royal. Et bah, dans quel monde vit-on mes enfants.

Bon bah du coup, même conclusion qu'hier. Qu'est ce qu'on fait maintenant ? On baisse le pantalon et on prend la vaseline pour que ça glisse ou on résiste ? Préparez vous à brandir les armes de l'esprit parce que la bataille s'engage...

12.02.2007

Si c'est une farce Madame Royal...

Si c'est une farce Madame Royal, sachez que je ne la trouve pas drôle.

Le monde est aujourd'hui confronté à des enjeux sociaux, politiques, économiques et avant tout humains et écologiques majeurs. Le monde est aujourd'hui à la croisée des chemins, face à une crise d'une ampleur sans précédent. Et à l'heure du changement, à l'heure où nous vous parlons politique, vous, Madame Royal, fière et ragaillardie par des médias qui se jouent de vous, vous osez nous répondre par ce torchon sans nom que vous nommez votre "Pacte présidentiel".

J'ai lu, attentivement, votre programme Madame Royal. Et j'hésite quant au qualificatif que je voudrais employer. Affligeant, consternant, grotesque ou ridicule peut-être ? Allez, pour parler vulgairement, disons que ce programme est une merde, une réelle daube. Pas d'autre mot dans mon esprit. Esprit indigné.


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Dans ce programme, vous et les vôtres, vous nous proposez votre vision du monde et de la France. Vision qui ne dit rien sur des enjeux majeurs. Rien sur la marche du monde. Rien sur ce tournant exceptionnel, exceptionnel de gravité, de l'Histoire de l'Humanité.

Au lieu de ça, vous multipliez les projets d'un flou artistique sans mesure qui ne disent rien de leur financement pharaonique, vous accumulez les petites mesurettes sociales démagogiques pour vous rallier les citoyens, vous martelez votre vision très rétrograde d'un ordre juste. Là où la droite décomplexée parle de répression et d'enseignement de la morale, vous préférez l'encadrement militaire et l'enseignement de la civilité. Vous avancez masquée. Et quand arrive les grandes thématiques, votre populisme laisse place à un néant idéologique et à un vide de sens accablant. Sur l'environnement, vous juxtaposez des bribes de solutions ici inopérantes, là-bas inefficaces, ailleurs anti-écologiques. A cela, vous ajoutez l'incohérence quand, vingt lignes plus loin, vous pronez l'intensification du trafic aérien entre la métropole et l'Outre-Mer ou la recherche de la croissance, par exemple. Quand il s'agit de repenser en profondeur nos mentalités et nos structures socio-économiques, vous répondez par des pirouettes symboliques et institutionnelles artificielles.

Je ne cache pas ma colère face à cette ignorance du monde qui vous entoure, votre mépris de nos consciences et votre fuite en avant délibérée. Surtout quand on voit que la forme sonne aussi creux que le fond. Après les pères de la patrie, voilà la mère du petit peuple... Allons, allons, un peu de sérieux !



Si c'est une farce Madame Royal, je ne la trouve pas drôle. Sachez donc que vous n'aurez pas ma voix, quel que soit le cas de figure, et cela va de soi. Vous n'avez de socialiste que le rouge de la robe et la rose sur l'en-tête de votre pacte présidentiel. Vous n'avez rien compris et rien proposé. Et vous voilà pourtant ravie par les sondages à venir et les applaudissements de vos militants qui, à la révolution vitale, préfère l'inutile réforme. Vous me faîtes honte Madame Royal. Honte.

Alors, certes, vous m'opposerez qu'il y a quelques réformes sociales sympatoches dans le lot. Mais on en attend pas moins d'un Parti Socialiste Français. Et puis pour ceux qui seraient séduits, sachez que le programme des collectifs unitaires de la gauche antilibérale porté par José Bové, comporte ces éléments et un contenu qui, loin d'être parfait, est sans aucun doute plus consistant. Enfin moi je dis ça, c'est juste pour vous dire que quelques uns vont plus loin que vous...

Alors messieurs, dames, damoiselles, ouvrons les yeux, et arrêtons de croire à cette farce pathétique. Réveillons-nous, et menons enfin cette révolution qui nous attend... Laissons sur le bord de la route l'ancien monde et ce qu'il produit de détritus !

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