20.05.2007

L'Etat UMP : 5 ans ferme !

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Mercredi 16 mai : Le prince président est donc bien intronisé. Ce qui n'était pour moi qu'une farce est en fait en train de devenir réalité. Le président, c'est bien lui. Quelque part, sur un coin de tapis rouge de l'Elysée, le vieux Jacques s'en va. Une page se tourne. Une fois n'est pas coutume, j'emprunterais quelques mots à Kant. En voyant ce vieux bonhomme quitter le perron, j'en suis presque venu à regretter "l'inhumaine humanité" de ce grand homme (sans majuscule). Et déjà, je ris devant les bilans dressés ici et là. Chirac, baptisé héraut écologique. Lui qui a laissé la maison brûler. Chirac, humaniste en puissance. Lui qui a instauré une politique de fracture sociale. Chirac, canonisé pacifiste. Lui qui a relancé des essais nucléaires. Joli bilan.

Désormais, l'Etat a un autre visage. Pas bien différent au fond. Plus jeune, plus américain clament déjà certains. Il y avait effectivement un peu de strass et de paillettes dans cette passation de pouvoir. Le candidat qui a fait sa campagne à l'extrême droite joue habilement du rassemblement et de la zenitude. Bien joué maestro. C'est presque réussi. Bises appuyées aux anciens, petits mots aux ennemis, baisers langoureux à une femme fuyante et regards complices vers les cinq enfants à la blondeur dorée. Américain disent certains. Surjoué, disons.

Ce qui me frappe, ce n'est pas la symbolique orchestrée (sur un air d'Albéniz, Cécilia oblige). Qui ne fut d'ailleurs pas si bien orchestrée que ça, à regarder le petit garçon qui a toujours rêvé de pouvoir, flotter dans le costume en défilant devant les armées. Ce qui me frappe c'est le discours d'investiture. Un discours tout droit venu d'un siècle passé. Ordre, morale, autorité, discipline, fermeté. Le prince président n'a visiblement pas compris la profondeur et la subtilité des enjeux du monde d'aujourd'hui et de demain. C'est dommage. Qu'il reste donc dans sa "vieille nation". D'autres avancent.



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Jeudi 17 mai : Matignon perd un poète. Mais Matignon gagne la fadeur d'un homme. François Fillon. Balladurien, chiraquien, sarkozyen, un vieux de la droite. Sans teint. Sans éclat. Terne. Investi sous la pluie. Un serial flingueur aux allures de gendre idéal, méché à droite, avec un faux air de grand benêt. Bien. Pourquoi pas après tout. On savait que le premier ministre de la Cinquième était un fusible. Cette fois-ci, nous avons la marionnette. Courage. Il vous sera difficile d'exister monsieur Fillon. Vous n'aurez pas votre mot à dire. Ca tombe bien, je n'ai pas d'attention à vous porter. Je vous laisse à vos footings présidentiels et à vos cumuls de mandats. D'ailleurs, à ce propos, j'espère au moins que si vous veniez à perdre à la Sarthe, vous auriez l'amabilité de quitter le fauteuil de Matignon.


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Vendredi 18 mai : La France a les yeux rivés sur ce gouvernement surprenant, qui, au fond ne réserve pas tant de surprises. Le gouvernement devait être remanié, et force est de constater que le remaniement à la faux a bien eu lieu. 15 ministères, 4 secrétariats d'Etat et au final un flou des plus artistiques. Chaque fonction se recoupe et se redécoupe. Chacun empiète sur le domaine de l'autre. C'est étrange. Quant à la parité, elle est respectée, ou presque. Mais il faut quand même souligner que les ministères donnés aux femmes sont avant tout des ministères de "seconde zone", en ce sens que ce ne sont pas les plus stratégiques, ou que ce sont ceux qui sont jugés "féminins" : logement, santé, culture... Dommage. Ca fait quand même deux coups d'épée dans l'eau.

En ce qui concerne la composition, j'ai envie de sourire. De rire, même. Ministre d'Etat à l'écologie, Alain Juppé. Ce n'est pas un vice président, mais ça fait plaisir à Hulot. Et puis ça laisse croire que l'écologie sera placée au premier rang. C'est habile. Je ne suis pas dupe, mais c'est habile. Alain Juppé ? Vous voulez dire, le Alain Juppé chiraquien qui fut un temps premier ministre ? Cet Alain Juppé là ? C'est drôle. Enfin non, même pas. C'est burlesque disons.

Borloo et Bertrand dans un tandem économique endiablé. Ca aura au moins le mérite d'écarter Madame Borloo-Schönberg des écrans. On se contente de ce qu'on peut. Et si l'on inversait et que l'on demandait à Monsieur Schönberg-Borloo de quitter son poste ?

Brice Hortefeux, le Goebbels roux, au ministère du racisme et de l'eugénisme. Chouette. Enfin non, comprenez identité nationale (ce n'est pas un gros-mot parait-il) et co-développement (ce qui signifie en langage lepéniste, aidons les Africains chez eux...). Jolie France d'après.

Hervé Morin, traître centriste, à la défense ? Valérie Pécresse, fidèle de la campagne, à l'enseignement supérieur et à la recherche ? Roselyne Bachelot à la Santé, la Jeunesse et les Sports ? Christine Lagarde, clone de Panafieu, à l'Agriculture et à la Pêche ? On sent que la compétence n'est pas le critère principal de choix. Mais ne soyons pas mauvaise langue, peut-être que Madame Lagarde sait finalement faire la différence entre un agneau et un veau. Qui sait.

Que dire de plus, que Rachida Dati prend la justice et passe sa première nuit en prison. Joli symbole. Que Michèle Alliot Marie prend l'Intérieur et se délecte déjà de pouvoir agir avec fermeté et rigidité. Que la très catholique Christine Boutin se charge du logement. C'est presque trop.

Et puis je finis quand même, avec les Judas. Les Jouyet, les Besson, les Kouchner et autres Hirsch. Les traîtres qui assurent leur poste sans se soucier des idéologies et des valeurs qu'ils n'ont pas. Mais que croient-ils, ces idiots ? Que le règne de Sarko leur sera favorable ? Qu'ils seront libres dans un gouvernement hostile ? Ridicule. Risible. Honteux.

Je m'arrête là, ces cinq années m'énervent déjà trop. Et je vais retourner à mes occupations. A bientôt très cher Etat UMP. A très bientôt.

08.05.2007

Inadmissible...

La torture des prisonniers palestiniens par leurs gardiens israéliens est une honte inadmissible. Et pour une fois, ce n'est pas moi qui le dit. Les interrogatoires à base de "moyens physiques" ont été interdits en Israël par la Haute Cour de Justice depuis 1999, mais la violence continue.

D'après un rapport, intitulé "Absolument interdit", rendu public le 6 mai et rédigé par deux associations israéliennes de défense des droits de l'Homme, B'Tselem et Hamoked, affaiblissements physiques, pressions psychologiques, intimidations, insultes, menaces, mauvais traitement sont le lot quotidien des prisonniers palestiniens retenus par Israël.



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Voilà ce qu'on appelle une démocratie occidentalisée, un pays qui torture en paix. C'est une honte. Quand l'on sait que l'élection de Nicolas Sarkozy est vue comme un "bienfait" en Israël, est-ce que cela veut dire que la France va cautionner tout ça ? Peut-être que lorsqu'il sera revenu de son périple de milliardaire, le nouveau prince président pourra condamner les pratiques indignes de ses futurs partenaires.

Cinq années qui promettent... pour nous, et surtout pour nos anciens alliés. Il faudra dire aux Palestiniens que le prince président a annoncé qu'il serait du côté des opprimés du monde, ça va les rassurer !

07.05.2007

La "démocratie" a parlé...

La France a parlé. Massivement. Nicolas Sarkozy l'a emporté. Largement. Il est le sixième président de la Cinquième République. Il est légitime, car démocratiquement élu.

Que dire sinon son indignation ? Que dire sinon son dégoût ? Que dire sinon ces larmes retenues ? C'est la France de la peur qui l'emporte. Le candidat de l'UMP a gagné grâce aux voix des personnes agées inquiètes face à leurs dernières heures de sécurité, des patrons et capitalistes en tout genre qui pensent que le bilan de ces cinq dernières années n'est pas mauvais pour leurs économies, des racistes qui ont trouvé en Sarkozy un vote moins honteux que celui de Le Pen, des faux centristes toujours vassaux de la droite, des jeunes qui ont été séduit par une communication propagandiste très efficace et très brillante, des français qui veulent le retour à l'ordre, l'autorité et la morale et la fin des idéologies gauchisantes. Le nouveau président dort dans les draps du Fouquet's et prend des vacances. Dormez bonnes gens, vous n'avez plus rien à craindre. Sarkozy est un excellent politicien. Il a réussi à faire croire qu'en étant le principal acteur du bilan de la droite, il saurait agir autrement si le peuple le prorogeait. Le peuple ne veut pas d'alternance, il veut continuer dans la crise qu'il dénonce lui même. Dont acte.


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Le rêve et l'espoir n'ont plus le droit de cité dans ce pays. Le peuple a préféré la liberté d'exclusion à la liberté d'expression. Je vois encore le regard perdu de ce jeune black qui m'a interpellé à la sortie du métro en me demandant ce que nous allions devenir. J'entends encore le témoignage de ce monsieur, originaire du Cambodge et français depuis 27 ans, qui me raconte les interpellations des policiers qu'il doit subir régulièrement. Je sens encore dans mes poumons les gaz lacrymogènes de la station Bastille. J'entends encore ces cris contre Sarkozy, cette jeunesse révoltée qui ne comprend pas. Mais le pays a parlé. J'en prends bonne note.

Maintenant, voilà mon bilan. Monsieur Sarkozy, vous ne serez pas mon président. France, je ne serais pas ton citoyen. Capitalisme, je ne serais pas ton fidèle soldat. Racisme, je ne serais pas ton collaborateur. Non, je ne vais pas quitter mon pays. Non, je ne vais pas fuir. Je vais combattre d'une autre façon. Je vais lutter autrement. Je vais partir à la rencontre du monde et de moi même. Désormais, ma résistance commence. Elle sera plus forte, pacifique, humaniste, activiste, écologiste, tolérante et solidaire. Je suis dorénavant un citoyen du monde. Un apatride en puissance. Un utopiste en partance. Monde, laisse moi embrasser les miens et préparer mon sac à dos, j'arrive...


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02.05.2007

Débat Royal - Sarkozy

Bon je n'ai pas de télévision mais comme il paraît que l'on peut regarder le débat de ce soir sur le site de France2.fr, si la technique ne me lâche pas, promis ce soir je suis et livre mes commentaires sur le débat en direct sur le blog. A toute à l'heure donc...


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17 h 47 : Tibéri fait de la propagande : Bon en attendant ce débat, quelques petites choses. Cet après midi, en rentrant chez moi j'ai reçu un courrier distribué par mon cher maire, Jean Tibéri. Et sans honte, le monsieur t'invite à voter Sarkozy. "Il vous parle de vous et de votre avenir alors que vous voyez se développer une campagne le visant personnellement et qui utilise l'intolérance et l'insulte personnelle. Agir pour seulement éliminer un adversaire, c'est le degré zéro de l'action politique. Ce n'est pas le sens de son action. Et ce ne sera pas le sens de votre vote. [...] En votant le 6 mai pour Nicolas Sarkozy, nous serons fidèles à ce qui est la tradition politique de ce quartier historique du centre de Paris, tout en choisissant vigoureusement les voies de la réforme et du renouvellement".

Ah non mais celle là, c'est la meilleure. L'hôpital qui se moque de la charité. Non mais de quoi je me mêle vieux con ? Je t'écris moi pour te demander de voter Royal ? Non, alors cesse ta propagande. Recevoir de tels déchets propagandistes de la part de tels déchets politiques, c'est un honte.

18 h 05 : Sarkozy joue la victime, pauvre de lui : Encore une bonne. Nicolas Sarkozy se dit la victime d'un "déchaînement médiatique" et pointe du doigt Libération et Le Nouvel Observateur. Et oui monsieur Sarkozy, ça s'appelle la liberté de la presse. C'est étrange mais nous les démocrates nous y sommes très attachés. "Qui peut croire que les médias sont à ma solde ?" ajoute avec un culot dédaigneux celui qui a une pratique des médias très berlusconiesque. Ce n'est en tout cas pas moi qui vais verser une larme sur votre pauvre sort...

18 h 14 : Pourquoi Ségolène va gagner ou la leçon d'arithmétique : Certains ont pu être surpris par mon prompt enthousiasme à dire que Ségolène Royal allait gagner. Je m'explique donc. J'aurais envie de dire que celle que je trouvais fade et agaçante a fait une première semaine de campagne de l'entre deux tours absolument bluffante. Plus à l'aise, plus percutante, Royal se révèle être une bonne politicienne, finalement.

Pour l'explication réelle, je sais qu'il ne faut pas le faire, mais faisons ensemble un petit peu de calcul électoral. Si l'on prend les nombres de votants du premier tour (et non les pourcentages qui ne veulent rien dire), et que l'on essaye de prévoir qui peut voter pour qui, celà donne des chiffres intéressants. En prévoyant un report non systématique de l'extrême gauche sur Ségolène Royal, un report massif des électeurs de Nihous et de Villiers sur Sarkozy, un report franc mais pas total des frontistes sur Sarkozy et en prenant en compte le fait qu'une partie des centristes va s'abstenir ou voter blanc, une plus grande partie va voter Sarkozy et une plus grande partie encore va voter Royal, ça me donne quelques chose comme 16 300 000 voix pour Sarkozy et 16 500 000 voix pour Royal. C'est short, mais c'est jouable. En gros, si le Tout Sauf Sarkozy joue bien à l'extrême gauche, si l'extrême droite reste disciplinée derrière son chef et les électeurs hésitants du centre reviennent vers la gauche contre Sarkozy, mes enfants, les chiffres parlent d'eux-mêmes, c'est tout à fait envisageable.

18 h 32 : Les petits soldats sarkozystes me font rire : Il y a un blog sarkozyste que j'aime bien aller lire, c'est celui du jeune populaire Pierre-Henry Pouchelon. Je pensais qu'il ne pourrait pas faire plus drôle que cet article sur le débat Royal-Bayrou dans lequel il explique avec une verve réjouissante que ce débat est antidémocratique, que ce n'est pas juste, que Bayrou n'est même pas au second tour, que le petit Nicolas ne peut plus parler, que c'est même pas vrai que Sarkozy fait pression, tout ça, tout ça.

Et pourtant, le jeune Pierre-Henry ne m'a pas déçu. Il a été à la hauteur de mes espérances. Il raconte qu'il a été voir comment ça se passait dans le meeting de Royal à Charléty hier. Dès le titre, il s'offusque joliment : "on aurait dit un meeting altermondialiste !"... oh, my God, quelle horreur ! Il fustige le public anti-sarkozyste primaire de babas-cools, de bobos, de jeunes de banlieue soit disant instrumentalisés et de fumeurs de pétards. Il finit par cette inégalable conclusion : "J'espère plus que jamais que nous allons gagner le 6 Mai car ce que j'ai vu cet après midi à Charléty me fait très peur pour l'avenir de la France. Je n'ai pas envie que mon pays ait comme modèle les pays d'Amérique du Sud ou Cuba. J'attends mieux, je suis jeune et je souhaite par dessus tout que la France entre pleinement dans le XXIème siècle." Ah les jeunes sarkozystes, c'est beau quand même !

20 h 14 : Vous ne le répéterez pas, mais je suis surexcité à l'idée d'entendre ce débat. Ca me réjouit d'avance. Je suis le premier à dire que le choix Royal Sarkozy, c'est bof, mais quand même, les clashs gauche droite, ça me fait encore de l'effet à moi.

20 h 43 : A ceux qui pensent que je vais être très partial dans ce débat : Je les incite vivement à relire un article que j'avais écrit il y a quelques semaines sur Royal et les siens. Ici. C'est de loin ce que j'ai pu écrire de plus virulent depuis quelques mois... c'est peu dire !

20 h 48 : Débat orchestré de main de fer : Je viens d'apprendre que le débat sera mené par notre PDDA national et Arlette Chabot. Certes, mais y'a pas un journaliste de gauche dans la salle quand même ?!

20 h 51 : Quand le boudin va, tout va ! : France Info donne une info capitale. Les Français ont choisi le plateau télé pour regarder le débat. Comment le sait-on ? Un charcutier a vendu deux fois plus de saucissons que d'habitude. Investigation journalistique sans faille...

20 h 58 : Les médias sont prêts pour encenser Sarko : France Info donne le ton. Sarkozy le favori viril peut-il perdre ? La petite challenger féminine peut-elle survivre ? Merde. Faites chier quoi...

21 h : Un début étonnant : C'est parti, les compteurs sont à zéro ou presque. Sans avoir rien dit, celui e Royal est déjà à une seconde. Ca la fout mal. L'écologie sera reléguée au rang de sujet de société. Presque banal finalement. Sarkozy commencera, quelle surprise !

21 h 04 : Sarkozy veut un président de la République qui sera un président basé sur la culture du résultat.

21 h 06 : Plus qu'un débat, c'est une tournée de questions lancées. Rien d'un débat démocratique donc.

21 h 08 : "Oui, madame Royal, sur les violences, je suis responsable. J'ai été ministre de l'Intérieur pendant quatre ans." En voilà une phrase qui fait plaisir à entendre...

21 h 12 : Puisque Sarkozy se sent responsable, Royal l'attaque sur son bilan. Le regard suit la parole. Elle va lui tenir tête même si elle a commencé un peu dans les choux... Chic !

21 h 14 : "Je ne veux pas polémiquer avec Madame Royal"... c'est dommage on est là pour ça pourtant. Elle l'interrompt et lui, coulant, "bien sûr madame Royal"...

21 h 21 : Rien de bien intéressant sur le fond. J'aime beaucoup les petites piques incisives de Royal qui visent à déstabiliser le favori. Car il y a bien ici dans les postures un favori et un challenger. J'aime beaucoup l'effort de Sarkozy pour être doux, ses prises à témoin de PPDA et ses "mais Madame" répétés. Bon enfin la délinquance, ç va bien maintenant. On a vite fait parlé de réforme étatique avec la déconcentration mais ça a été vite évité. Dommage.

21 h 22 : Des notes sous la main, quelques sessions MSN ouvertes pour un suivi en live avec des amis. On en reparle à la fin...

21 h 25 : Ségolène Royal veut relancer la croissance. Pour elle, efficacité économique et justice sociale ne sont pas incompatibles. Nicolas Sarkozy commence ses attaques : "à force de parler de tout en même temps, vous allez finir par tout survoler". Il lui lance un "votre ami Blair" et il tente de la déstabiliser sur son manque de cohérence. Elle ne reprend pas ses failles dans les chiffres et les donneés. Dommage. Royal lance une contre attaque osée sur le MEDEF. On se rend coup pour coup.

21 h 44 : La bataille des 35 heures commence : Sarkozy veut que les gens puissent travailler plus pour gagner plus. C'est absurde. Si l'on travaille plus, a-t-on du temps pour le dépenser ? Royal elle, veut que les gens aient du temps à consacrer à leur famille et à leur vie personnelle. Le travail ne doit pas tuer le progrès. Bravo. Elle lui explique que valoriser le travail ça signifie le payer à sa juste valeur et non pas le rendre numériquement supérieur. Elle l'attaque sur le fait qu'il ne reviendra pas sur les 35 heures quoi qu'il dise et souligne l'incohérence de son discours. Vouloir travailler plus n'est pas pouvoir. Et travailler plus c'est ne pas ouvrir la porte à d'autres travailleurs et accroître le chômage. Bien vu.

22 h : Mi parcours : A mi chemin dans ce débat, les attaques fusent, souvent gentilles, parfois acerbes. L'opposition annoncée a bien lieue. Deux personnalités s'affrontent et à ce jeu là Ségolène tient tête dignement à Sarkozy. Après un démarrage maussade, elle a pris confiance. Elle est plus calme et plus à l'aise. Elle tient le débat. Elle mène la barque. Sarkozy commence à hésiter, à perdre patience, à bafouiller, il va craquer. C'est bon. Il n'ose jamais la regarder et préfère regarder les journalistes dont on se demande bien ce qu'ils font à cette table.

22 h 03 : Moment crucial, la politique de Sarkozy sur les prothèses dentaires. Essentiel.

22 h 06 : Mes voisins sarkozystes hurlent de plaisir devant une petite phrase de leur candidat. Je suis cerné.

22 h 14 : Ségolène Royal attaque la conception du pouvoir de Sarkozy "péremptoire et unilatérale". Sarkozy bafouille de plus en plus... La question fiscale ne doit pas être selon lui une question idéologique et la France ne peut pas faire l'Europe en ayant les impôts les plus élevés. Cela ne veut rien dire, mais il a l'air d'assumer son incompétence politique.

22 h 29 : Sarkozy : "je crois à la famille et au travail"... et à la patrie peut être ?

22 h 31 : Le débat a enfin porté sur l'enjeu écologique et Royal a raison, Sarkozy mélange tout. Il est incompétent sur ce sujet majeur dont il se fout. Elle n'a pas manqué de le souligner. L'Alliance lui a donné la note de 8/20, Ségolène a obtenu 16/20. Elle lui fait remarquer. Il tient tête sur les chiffres du nucléaire alors qu'il a tort. Il veut continuer dans le nucléaire et croît dans les bienfaits des biocraburants. Il ne veut pas commercer avec les pays qui ne respectent pas Kyoto. Dommage pour un pro-américain. Ségolène l'achève : "vous avez une approche très approximative sur un sujet majeur, il faudra que vous révisiez !" et d'ajouter "avec vous, tout est possible, même le pire !".

22 h 48 : Sarkozy veut une école de l'autorité et de l'ambition, une école à deux vitesses, l'une pour les riches, l'autre pour les pauvres. Là où Ségolène Royal veut une école de l'égalité, de la solidarité et de la culture. Sarkozy fustige les familles "réceptacles d'allocations" et les "familles défaillantes". C'est honteux de tenir de tels propos.

22 h 58 : Le clash a eu lieu : Ségolène Royal s'est emporté en toute sincérité. Elle n'a pas admis les paroles de Sarkozy sur un sujet qui lui tient à coeur, le handicap. Elle condamne le "summum de l'immoralité" atteint par Sarkozy. Il n'attendait que ça et lui fait son speech dédaigneux sur le fait qu'il faut être calme pour diriger un état. "Il faut garder ses nerfs" ajoute-t-il. Et elle de lui répondre "il y a des colères saines", "je ne m'énerve pas, je me révolte". Je suis touché par son élan d'indignation. Je crois voir une vrai parole dans son discours. Elle a su garder sa capacité de révolte et c'est essentiel. Quoi qu'en dise Sarkozy.

23 h 11 : Sarkozy drague Le Pen : Non à la Turquie. Non à un peuple d'Asie Mineure en Europe. Sarkozy ne connaît pas l'histoire de l'Europe. Pourtant l'Europe s'est toujours faite avec la Turquie. Historiquement la Turquie c'est l'Europe, n'en déplaise aux racistes.

23 h 30 : J'ai beaucoup de notes, mais je ne peux pas tout dire ici. On méprise l'Afrique en réduisant le continent au problème de l'immigration. On finit par la thématique immigration et insécurité, comme on avait commencé le débat. Pour avantager Sarkozy. D'un côté on veut un régime politique du changement, une VIème République qui interdit le cumul des mandats, instaure la proportionnelle, redonne un rôle au Parlement, se fonde sur le dialogue social. De l'autre, on veut rester à ces institutions sclerosées. Le choix est net. On finit avant une conclusion ratée par les deux candidats par une question ridicule : que pensez vous de votre adversaire. Ségolène refuse de rentrer dans ce jeu.

00 h 10 : Bilan : Les médias ont fait leur choix. Sarkozy a été pragmatique, convaincant. C'est la meilleure. Il s'est trompé sur presque tous les chiffres, il a été mauvais sur toutes les thématiques sauf celle de l'insécurité qui a été son combat raté de cinq ans. Mais ce n'est pas grave, les gens aiment le médiocre. Pour moi, Ségolène Royal a été brillante, sincère, forte, intelligente. Je n'aimais pas Ségolène Royal, je dois dire qu'elle m'impressionne et me touche depuis une semaine. Cette femme grandit. C'est positif. Quoi qu'en disent les médias, ouvrez les yeux. Ségolène Royal doit gagner dimanche. Le 6 mai, sans aucun doute, ce sera Ségolène Royal. J'espère que je ne suis pas le seul à avoir été séduit par sa prestation...

Regardez bien cet homme...

Regardez bien cet homme car dimanche il va perdre. Et heureusement. Sa vision de mai 68 et sa vision de l'histoire de France montrent bien son ignorance. Tu es con Nicolas, tu es vraiment con. Et ce qui nous sauvera c'est justement ton incroyable connerie. Merci à toi d'être si médiocre. Et à la prochaine mon petit. Sans rancune. La prochaine fois peut-être.




01.05.2007

Merci Monsieur Le Pen...

Jean-Marie l'a dit... il l'a fait. Merci à lui. Une fois n'est pas coutume, saluons le... Lors de son défilé du 1er mai, il vient de demander à ses électeurs de ne pas faire confiance à l'un ou à l'autre et de s'abstenir massivement le 6 mai prochain.

En somme voilà une situation assez agréable. Sarkozy se retrouve avec ses 31 % et ceux de Nihous et de Villiers... ça fait donc du 34 %. La gauche pèse dans la balance 36 % comme annoncé il y a quelques jours.

Un partout, balle au centre. Un espoir est possible. Et si les centristes s'abstenaient et votaient majoritairement Ségolène Royal. La défaite de Sarkozy s'offrirait à nous. Quelle belle journée...

Je n'ai qu'une chose à dire... aux deux ninistes qui feront l'élection : aux électeurs de le Pen, soyez disciplinés face au chef ! Aux électeurs centristes, si vous hésitez, abstenez vous et sinon soyez un peu réalistes, voulez vous quelqu'un qui vous exploite ou quelqu'un qui dialogue avec vous ?

30.04.2007

Il paraît qu'il ne faut pas diaboliser, moquons-nous alors !

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"Qu'est ce qu'il y a Nicolas ? Tu vois bien que je suis en train de parler. Qu'est ce que tu veux ?

Tu es tout seul ? Et pourquoi tu ne joues pas avec tes petits camarades là bas ?

Ils ne veulent plus te parler. Et pourquoi donc ? C'est parce qu'ils disent que tu veux toujours faire le petit chef. Ecoute Nicolas, je t'ai déjà dit de ne pas être autoritaire avec tes amis. Tu sais bien que ce n'est pas en tyrannisant tes copains que tu vas les garder. Je te l'ai pourtant déjà dit. Parfois, il faut savoir partager et laisser les autres prendre les commandes. D'accord ?

Quoi encore ? Pourquoi tu ne vas pas t'excuser et jouer avec eux, là ? Ils ne veulent plus de toi et Cécilia ne fais que regarder les garçons plus forts que toi. Je comprends mais tu ne peux pas rester là, ici c'est la table des grands et on discute. On discute de quoi ? D'histoires de grands, ça ne te regarde pas, tu auras tout le temps de comprendre tout ça plus tard. Oh, mais ne chouine pas. On parle politique, ça ne te regarde pas de toutes façons.

Bon Nicolas, arrête un peu tes caprices tu veux. Ici, tu vois, il y a des grandes personnes qui veulent débattre calmement sans cris et gesticulations. Alors cesse un peu tes bêtises...

Comment ça c'est stalinien ? Mais enfin, ne parle pas de ce que tu ne connais pas, voyons. C'est du délit de faciès ?! C'est la meilleure celle-là ! Je te l'ai déjà expliqué, le délit de faciès c'est quand toi et ton petit camarade Brice, vous traitez le petit Azouz d'égorgeur de mouton. Moi je n'ai rien contre toi, Ségolène et François non plus d'ailleurs. Ils veulent simplement parler dans le calme. Tu sais bien qu'ils n'aiment pas tes cris et tes caprices. Allez, arrête s'il te plaît.

Quoi encore Nicolas ? Ca suffit maintenant, va retrouver tes petits copains, Jean-Pierre, Jean-Louis, Rachida, Brice, Patrick, Christian, Nadine, Simone, François, Enrico, Faudel, Johnny, Didier, Doc, et les autres, prenez vos monstres Super Karcher, Terminargenteuil, Playstationgaredunord et arrêtez de nous ennuyer. Tu vois bien, ton nez dépasse à peine de la table et tu voudrais déjà faire comme les grands. Qu'est ce que j'ai fait au monde pour avoir un enfant si capricieux et turbulent ? Et ambitieux avec ça..."

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Bon je sais, il ne faut pas décridibiliser l'adversaire, il faut respecter chacun. Mais c'est vraiment l'impression que j'ai eu la semaine dernière devant le déroulement de la campagne de l'entre deux tours. Un débat construit, intelligent, prometteur et en arrière plan un petit teigneux qui multiplie les formules populistes à la Peron pour faire parler de lui... Vraiment, c'est insupportable. Vous ne voulez pas être caricaturé ? Alors arrêtez d'être caricatural Monsieur Sarkozy. Ca en devient risible... !


Bonus Track :
une petite chanson qui, avec son air de ne pas y toucher, n'est pas si petite que ça...

27.04.2007

Toujours commencer par s'échauffer !

Je sais que pour beaucoup d'entre vous, arrivés dans l'isoloir le 6 mai, ça va être dur de voter Royal. Moi le premier, je le fais à contre coeur. Alors pour s'entraîner, je vous propose ce petit jeu bien sympathique ou le but du jeu est simple, mettre le plus de coups de boule possible dans la face de Sarko... Simple, efficace, et même drôle !

C'est ici...


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Sarkozy, ne crois pas que ce sera facile...

J'entends ici et là qu'il ne faut pas diaboliser Nicolas Sarkozy parce que c'est lui faire de la publicité et le conforter dans sa possible victoire. C'est d'ailleurs pour cela que j'hésite encore à descendre dans la rue le 1er mai avec les Anti Sarko... et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque !

Pourtant, il faut bien avouer que certains signes sont bien diaboliques. Deux débats entre Ségolène Royal et François Bayrou ont été annulés. L'un avec la presse régionale, l'autre avec Canal +. Quand on sait que Sarkozy a la mainmise sur les médias et que Michel Denisot est un ami, il y a de quoi se poser des questions. Si l'on ajoute à cela que la ligue des Droits de l'Homme a fermement condamné le bilan de Sarkozy et que Sarkozy donne dans l'eugénisme et le racisme hémétiques, on peut se poser des questions.


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Je le dis donc sans aucune animosité pour son camp. Si je voulais attaquer l'UMP, il y a bien des choses que je pourrais fustiger, politique économique, dogme de la croissance, désintérêt écologique, absence de politique internationale solidaire et humaniste, politique fiscale inégalitaire, fermeté sécuritaire, dénaturation des institutions, attaques contre la démocratie et les libertés, etc... En revanche, je crois pouvoir dire sans trop me tromper que l'homme Sarkozy est tout à fait dangereux. Et si par malheur il venait à être élu, après avoir chialé un bon coup, il faudra lui montrer que ce pays ne sera pas gouvernable, que nous serons toujours plus nombreux et plus forts face à lui, que sa soif de pouvoir ne devra pas empiéter sur nos valeurs républicaines. Sarkozy est un danger. Et face aux dangers, les Hommes libres doivent se lever...

26.04.2007

Bayrou, l'homme qui s'est payé notre tête...

François Bayrou vient de signer son arrêt de mort (politique s'entend), et je crois que c'est tant mieux. Comme prévu Bayrou n'a pas quitté son costume professoral et a distribué les mauvais points à ses deux concurrents, qui n'en sont d'ailleurs pas puisque l'UDF n'est plus dans la course. Pas de consigne (de vote) donc. Plutôt étonnant pour un professeur. Pas de ralliement.


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Le candidat centriste avait devant lui une opportunité colossale. Royal a besoin de lui pour gagner. Il avait donc toute latitude pour négocier la formation de son Parti Démocrate. Plus qu'un ralliement à la gauche, il aurait pu créer un centre gauche après une mise à plat des deux programmes. Mais celui qui a fait sa campagne sur la thématique du rejet de la droite dont il était le fils indigne, du modèle Prodi de gouvernement de centre gauche, sur la thématique de l'Union nationale a préféré refuser une occasion trop facile. Essai non transformé. Promesses en l'air. Belle hypocrisie d'un candidat qui prône l'ouverture en faisant le jeu de la fermeture. Remarquez, candidat d'un appareil partisan né en 1978, il se dit le candidat du contre pouvoir. Jolie boutade. Mais de mauvais goût, tant elle prend les auditeurs pour des cons.


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En ne choisissant pas, François Bayrou a objectivement choisi la victoire de Nicolas Sarkozy. Il est l'allié de Sarkozy, n'en soyons pas dupe. C'est le statu quo ante. C'est le grand retour du centre mou, du ventre mou de la démocratie chrétienne, de la vassalité satellitaire à l'égard de la droite dure. C'est tout sauf le programme annoncé. Et ce n'est surtout pas une voie nouvelle. C'est d'autant plus grave que Bayrou a créé de l'espoir chez certaines personnes, nombreuses d'ailleurs. Pourtant, il n'offre à ceux là que de lourdes désillusions.


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A trop vouloir purger autour de lui, Bayrou va se retrouver seul. Sans allié pour l'union du pays. Et reconstruire une nation sur sa seule personne, ça fait peu comme programme. C'est donc le triomphe flamboyant de la politique politicienne que l'homme fustigeait. Dans un poker dangereux, Bayrou joue le bluff, et mise sur sa petite personne pour 2012. Lui, survivra à cinq ans de sarkozysme. La France, c'est autre chose. Mais il s'en fout. Lui, vivra bien.


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Super menteur vient de trouver son maître. Tonton avait raison de croire en lui. Cet homme vient de nous montrer qu'il est le pire de tous. Surfant sur les pourcentages en condamnant la folie sondagière, critiquant les médias tout puissants sur le plateau de TF1 devenu sa seconde maison, le voilà qui refuse de choisir, par lâcheté, là où il prônait la concorde avec la gauche. Pauvre homme. J'ai pitié pour vous. Heureusement, on est pas prêt de vous revoir. Car il ne vaut mieux pas miser sur vous. Vous êtes bien placé pour le savoir, un mauvais cheval n'arrive jamais bien loin...

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