05.05.2007

Et après ?

Je prends une dernière fois la parole avant la fin de cette élection présidentielle qui s'achève demain. Sans dramatisation outrancière, je prends la parole avec une gravité certaine. Et pour la première fois, je vais livrer une impression et un témoignage très personnels, très intimes presque. Car, contrairement à ce que je voulais bien dire, cette élection a une importance pour moi. Aujourd'hui je dois le dire, je suis inquiet. J'ai le ventre noué et la gorge serrée.

Si les sondages continuent à ne pas se tromper, comme ce fut le cas au premier tour, c'est donc le candidat de la droite populiste et capitaliste qui va gagner cette compétition. Dans ce cas, quel serait mon constat ? Deux fois j'aurais voté. Deux fois j'aurais perdu. Mais passons cette frustration personnelle. Je vois surtout qu'une bonne moitié de la population aura épousé des thèses que j'exècre et qu'une infime partie des français sont prêts à se battre pour défendre des valeurs que je trouve justes. Amer constat.

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Depuis longtemps, je le sais, et je l'ai même dit ici, je ne me sens absolument pas français. Contrairement à ce candidat, qui a du finalement passer moins d'heures à étudier l'histoire sur les bancs de l'école de la République que moi, j'ai honte des heures les plus sombres de l'histoire de France. Je n'ai pas envie de partager ce territoire avec des concitoyens qui ne peuvent plus rêver et s'indigner, qui ont baissé la tête devant l'adversité et qui ont même cessé d'être des humains libres. J'ai mal en voyant que ce pays ne se bat pas pour des valeurs nobles que certains ont su ériger en devise. J'ai peur de voir ce pays s'abandonner. Et je ne veux pas être de cette déroute et de ce naufrage. Je ne veux pas être de ceux qui percent la coque du navire pour que l'embarcation coule plus vite.

Depuis quelques mois, je sais au fond de moi même que je partirai tôt ou tard. Ma vie ne se fera pas en France. Ma vie se fera dans le monde. C'est évident. C'est là, inscrit quelque part dans mes tripes. Alors, si par malheur, Nicolas Sarkozy venait à l'emporter, je n'aurais plus envie de dialogue, je n'aurais plus envie de résistance, plus ici, plus pour rien. Sa victoire précipitera mon départ, c'est certain. Et je peux aujourd'hui le dire, sans hésiter.

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Demain, je vais donc faire ce qui me semble juste et nécessaire, jeter mes dernières forces dans la bataille, aller voter et tenter de faire gagner la raison sur l'abandon et le progrès sur la régression. Si cela ne marchait pas, alors je finirais ce que j'ai entrepris et je préparerais le combat, ailleurs, là où mon énergie a une issue, là où ma vie a un sens... Je pourrais donc être triste, je suis simplement déçu et frustré de ne pas pouvoir aller plus loin ici. Mais au fond, je suis heureux, heureux de percevoir enfin que demain, je ne serais peut être plus français mais citoyen de ce monde, de ce monde qui respire encore, de ce monde qui lutte, de ce monde qui rêve, de ce monde qui sait encore vivre, tout simplement !

03.05.2007

Chapeau bas...

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Bravo Ségolène Royal ! Au delà de la forme que chacun commentera mais qui selon moi ne fait aucun doute, j'espère que beaucoup vont voir que dimanche 6 mai, c'est votre vision de la France qui doit triompher sur celle de Nicolas Sarkozy. Une certaine vision de la France marquée par les valeurs réaffirmée de respect, d'égalité, de solidarité, d'indignation, d'écologie et de partage. Une France renouvelée. Voilà ce que je veux dimanche soir. Merci à vous de m'avoir laissé espérer.

Edit : Voilà l'outil que je cherchais pour vous montrer que mathématiquement la victoire de Royal est envisageable. Ce sera dur. Mais faites votre propre sauce des reports de voix et vous verrez que ça peut marcher ! C'est ici...

Edit bis : Je ne vois pas pourquoi chacun s'entre tue pour savoir qui a gagné. Je vous signale qu'à un moment dans le débat, les deux sont tombés d'accord. Ecoutez bien, c'est édifiant !


01.05.2007

Merci Monsieur Le Pen...

Jean-Marie l'a dit... il l'a fait. Merci à lui. Une fois n'est pas coutume, saluons le... Lors de son défilé du 1er mai, il vient de demander à ses électeurs de ne pas faire confiance à l'un ou à l'autre et de s'abstenir massivement le 6 mai prochain.

En somme voilà une situation assez agréable. Sarkozy se retrouve avec ses 31 % et ceux de Nihous et de Villiers... ça fait donc du 34 %. La gauche pèse dans la balance 36 % comme annoncé il y a quelques jours.

Un partout, balle au centre. Un espoir est possible. Et si les centristes s'abstenaient et votaient majoritairement Ségolène Royal. La défaite de Sarkozy s'offrirait à nous. Quelle belle journée...

Je n'ai qu'une chose à dire... aux deux ninistes qui feront l'élection : aux électeurs de le Pen, soyez disciplinés face au chef ! Aux électeurs centristes, si vous hésitez, abstenez vous et sinon soyez un peu réalistes, voulez vous quelqu'un qui vous exploite ou quelqu'un qui dialogue avec vous ?

30.04.2007

Il paraît qu'il ne faut pas diaboliser, moquons-nous alors !

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"Qu'est ce qu'il y a Nicolas ? Tu vois bien que je suis en train de parler. Qu'est ce que tu veux ?

Tu es tout seul ? Et pourquoi tu ne joues pas avec tes petits camarades là bas ?

Ils ne veulent plus te parler. Et pourquoi donc ? C'est parce qu'ils disent que tu veux toujours faire le petit chef. Ecoute Nicolas, je t'ai déjà dit de ne pas être autoritaire avec tes amis. Tu sais bien que ce n'est pas en tyrannisant tes copains que tu vas les garder. Je te l'ai pourtant déjà dit. Parfois, il faut savoir partager et laisser les autres prendre les commandes. D'accord ?

Quoi encore ? Pourquoi tu ne vas pas t'excuser et jouer avec eux, là ? Ils ne veulent plus de toi et Cécilia ne fais que regarder les garçons plus forts que toi. Je comprends mais tu ne peux pas rester là, ici c'est la table des grands et on discute. On discute de quoi ? D'histoires de grands, ça ne te regarde pas, tu auras tout le temps de comprendre tout ça plus tard. Oh, mais ne chouine pas. On parle politique, ça ne te regarde pas de toutes façons.

Bon Nicolas, arrête un peu tes caprices tu veux. Ici, tu vois, il y a des grandes personnes qui veulent débattre calmement sans cris et gesticulations. Alors cesse un peu tes bêtises...

Comment ça c'est stalinien ? Mais enfin, ne parle pas de ce que tu ne connais pas, voyons. C'est du délit de faciès ?! C'est la meilleure celle-là ! Je te l'ai déjà expliqué, le délit de faciès c'est quand toi et ton petit camarade Brice, vous traitez le petit Azouz d'égorgeur de mouton. Moi je n'ai rien contre toi, Ségolène et François non plus d'ailleurs. Ils veulent simplement parler dans le calme. Tu sais bien qu'ils n'aiment pas tes cris et tes caprices. Allez, arrête s'il te plaît.

Quoi encore Nicolas ? Ca suffit maintenant, va retrouver tes petits copains, Jean-Pierre, Jean-Louis, Rachida, Brice, Patrick, Christian, Nadine, Simone, François, Enrico, Faudel, Johnny, Didier, Doc, et les autres, prenez vos monstres Super Karcher, Terminargenteuil, Playstationgaredunord et arrêtez de nous ennuyer. Tu vois bien, ton nez dépasse à peine de la table et tu voudrais déjà faire comme les grands. Qu'est ce que j'ai fait au monde pour avoir un enfant si capricieux et turbulent ? Et ambitieux avec ça..."

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Bon je sais, il ne faut pas décridibiliser l'adversaire, il faut respecter chacun. Mais c'est vraiment l'impression que j'ai eu la semaine dernière devant le déroulement de la campagne de l'entre deux tours. Un débat construit, intelligent, prometteur et en arrière plan un petit teigneux qui multiplie les formules populistes à la Peron pour faire parler de lui... Vraiment, c'est insupportable. Vous ne voulez pas être caricaturé ? Alors arrêtez d'être caricatural Monsieur Sarkozy. Ca en devient risible... !


Bonus Track :
une petite chanson qui, avec son air de ne pas y toucher, n'est pas si petite que ça...

27.04.2007

Toujours commencer par s'échauffer !

Je sais que pour beaucoup d'entre vous, arrivés dans l'isoloir le 6 mai, ça va être dur de voter Royal. Moi le premier, je le fais à contre coeur. Alors pour s'entraîner, je vous propose ce petit jeu bien sympathique ou le but du jeu est simple, mettre le plus de coups de boule possible dans la face de Sarko... Simple, efficace, et même drôle !

C'est ici...


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26.04.2007

Bayrou, l'homme qui s'est payé notre tête...

François Bayrou vient de signer son arrêt de mort (politique s'entend), et je crois que c'est tant mieux. Comme prévu Bayrou n'a pas quitté son costume professoral et a distribué les mauvais points à ses deux concurrents, qui n'en sont d'ailleurs pas puisque l'UDF n'est plus dans la course. Pas de consigne (de vote) donc. Plutôt étonnant pour un professeur. Pas de ralliement.


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Le candidat centriste avait devant lui une opportunité colossale. Royal a besoin de lui pour gagner. Il avait donc toute latitude pour négocier la formation de son Parti Démocrate. Plus qu'un ralliement à la gauche, il aurait pu créer un centre gauche après une mise à plat des deux programmes. Mais celui qui a fait sa campagne sur la thématique du rejet de la droite dont il était le fils indigne, du modèle Prodi de gouvernement de centre gauche, sur la thématique de l'Union nationale a préféré refuser une occasion trop facile. Essai non transformé. Promesses en l'air. Belle hypocrisie d'un candidat qui prône l'ouverture en faisant le jeu de la fermeture. Remarquez, candidat d'un appareil partisan né en 1978, il se dit le candidat du contre pouvoir. Jolie boutade. Mais de mauvais goût, tant elle prend les auditeurs pour des cons.


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En ne choisissant pas, François Bayrou a objectivement choisi la victoire de Nicolas Sarkozy. Il est l'allié de Sarkozy, n'en soyons pas dupe. C'est le statu quo ante. C'est le grand retour du centre mou, du ventre mou de la démocratie chrétienne, de la vassalité satellitaire à l'égard de la droite dure. C'est tout sauf le programme annoncé. Et ce n'est surtout pas une voie nouvelle. C'est d'autant plus grave que Bayrou a créé de l'espoir chez certaines personnes, nombreuses d'ailleurs. Pourtant, il n'offre à ceux là que de lourdes désillusions.


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A trop vouloir purger autour de lui, Bayrou va se retrouver seul. Sans allié pour l'union du pays. Et reconstruire une nation sur sa seule personne, ça fait peu comme programme. C'est donc le triomphe flamboyant de la politique politicienne que l'homme fustigeait. Dans un poker dangereux, Bayrou joue le bluff, et mise sur sa petite personne pour 2012. Lui, survivra à cinq ans de sarkozysme. La France, c'est autre chose. Mais il s'en fout. Lui, vivra bien.


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Super menteur vient de trouver son maître. Tonton avait raison de croire en lui. Cet homme vient de nous montrer qu'il est le pire de tous. Surfant sur les pourcentages en condamnant la folie sondagière, critiquant les médias tout puissants sur le plateau de TF1 devenu sa seconde maison, le voilà qui refuse de choisir, par lâcheté, là où il prônait la concorde avec la gauche. Pauvre homme. J'ai pitié pour vous. Heureusement, on est pas prêt de vous revoir. Car il ne vaut mieux pas miser sur vous. Vous êtes bien placé pour le savoir, un mauvais cheval n'arrive jamais bien loin...

24.04.2007

Le 6 mai, c'est le référendum !

Contrairement à ce que veulent nous faire croire Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le deuxième tour ne sera pas un affrontement bipolaire projet contre projet, vision de la France contre vision de la France. Ne nous y trompons pas, le 6 mai, si nous sommes appelés aux urnes, c'est bien pour un référendum sur la personne même de Nicolas Sarkozy. Le bulletin Sarkozy symbolise le "oui", le bulletin Royal celui du "non". Voulons nous de la France d'après, de la France qui se lêve tôt, de la France qui lorgne sur sa droite ? Voilà la question de ce scrutin. Rien d'autre. Pas question donc d'adhésion à un projet.


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Et voilà monsieur Bayrou confronté à un choix cornélien. Si lui même ou ses électeurs votent Sarkozy, cela voudra dire qu'ils choisissent la voix de l'ancien pouvoir, la voix du vieux monde qu'ils dénonçaient jusqu'à lors. C'est se garder une place facile au pouvoir. C'est pactiser avec l'ennemi de la campagne.

Se rallier à Ségolène Royal, c'est se donner la chance d'être en position de force pour créer en France un centre gauche désormais majoritaire. C'est concrétiser la volonté de créer un grand parti démocrate. Même si j'y suis personnellement hostile, je le comprendrais et je voterais quand même pour Ségolène Royal. Même si je suis persuadé que la vérité politique se trouve à la gauche de la gauche, je le concevrais. Et ce serait tout à l'honneur de François Bayrou contrairement à ce que j'entends dire. Bayrou seul n'a pas d'avenir, il ne peut pas faire autrement que de rallier la gauche.

Se défiler et demander l'abstention ou le vote blanc serait d'une part un manque de courage grossier et d'autre part une alliance objective avec Sarkozy. Un blanc-seing. Ne pas demander à voter pour Royal, c'est faire gagner Sarkozy. J'espère que Bayrou et ses électeurs en sont bien conscients. Car s'ils ne font pas ce choix, c'est à une France bien arrogante et fascisante qu'ils nous livrent.


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Alors le 6 mai, votons pour une République de centre gauche plutôt que pour une République de droite extrêmiste. C'est à moindre mal. Même un utopiste comme moi l'admet. C'est dire. Me voilà devenu plus royaliste que le roi. Ne faisons pas l'erreur de croire que les deux sont les mêmes. C'est faux sur trop d'aspects. Ne serait ce que sur l'attachement aux droits de l'homme, à la dignité humaine et au respect des différences. Ce n'est pas rien. Votons en conscience.

23.04.2007

J'aimerais que le 6 mai n'arrive jamais...

Je vais vous avouer un truc. Mais, ça reste entre nous... Pour le 6 mai, à 20 heures, j'ai peur, très peur ! J'ai peur de mon propre pays, de mes propres concitoyens, peur qu'ils m'offrent cinq ans de démence et de chaos social...


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