23.04.2007

L'immobilisme est en marche !

Ca, c'est fait. Louis Napoléon Sarkozy à 31 %. Jeanne Royal la Pucelle à 25 %. La campagne aura été très utile puisque le résultat est celui annoncé par les médias depuis plus d'un an. C'est la victoire triomphante de l'immobilisme, de l'établissement, de l'ordre établi, du système. Le triomphe de la démocratie d'opinion et des mass médias. C'est surtout la défaite de la démocratie citoyenne devant les machines partisanes.


Image Hosted by ImageShack.us

Et chacun de se réjouir devant la colossale participation. Chic, les électeurs, déguisés en moutons, sont allés massivement dans l'isoloir, transformé en abattoir. Il y a effectivement de quoi se réjouir. Alors que retenir de cette soirée électorale ?

François Bayrou n'est pas présent au second tour mais il a désormais la dure tâche d'être un arbitre. Il ne peut ni se rallier à Sarko, ni prendre le risque de partir à gauche. Pourtant, il va devoir le faire. Pas simple.

Le Pen fait un bide. Réjouissant au premier abord. Ca l'est moins quand on voit les lieutenants sarkozystes dire, le sourire aux lèvres : "c'est nous qu'on les a eu les brebis égarées sur les terres frontistes !". Pas complexés les mecs quand même !

Les petits partis sont morts. Tués par cette saloperie de vote utile. Ils n'ont plus le droit de cité. Personne ne sera remboursé. C'est une catastrophe pour les prochains scrutins et la démocratie pluraliste. Vive le modèle anglosaxon, avec les démocrates contre les républicains. La droite molle contre la droite dure. Et celui qui dépense le plus, gagne à la fin. Est-cela que les Français veulent ?

Et surtout, surtout, l'écologie politique a souffert. 1,6 %. Ce n'est rien. Rien pour négocier des circonscriptions législatives avec le PS. Rien pour peser dans les politiques publiques.


Image Hosted by ImageShack.us

Alors que faire ? Nous avons le choix entre deux programmes. Tous les deux capitalistes, non écologiques, infondés et sécuritaires. L'un à gauche. L'autre à droite. Nous avons le choix entre la gauche molle et la droite fascisante. Il va donc falloir apprendre à voter avec le sourire pour le PS. Dommage. Et pourtant. Et pourtant. Il va falloir le faire pour que la France ne sombre pas pendant 5 ans de Sarkozy...

21.04.2007

Demain, soyons démocrates !

Demain, nous sommes face à un choix. Voter soit disant "utile" ou "nécessaire" pour les grosses machines partisanes (comprenez Sarko, Ségo, Bayrou et Le Pen) et laisser les petits partis en dessous de 5 % ce qui ne leur permettrait pas d'être remboursés de leur frais de campagne et signerait leur arrêt de mort pour les scrutins suivants. Ca c'est faire le choix de la bipolarité antidémocratique anglosaxonne. Faire le choix de l'uniformisation. Du vide démocratique, du néant politique, du système, de l'immobilisme en marche.

De l'autre côté, il y a l'envie de voter par conviction, de voir "petit" et de donner aux partis moins institutionnels ou aux mouvements citoyens un espoir, une voix, un élan. Ca c'est faire le choix de la démocratie. C'est garantir le pluralisme. C'est faire vivre nos principes républicains. C'est agir en conscience.

Alors demain, je vous le dis, votez, mais votez avec votre coeur, votre esprit, vos tripes, protestez, gueulez, affirmez vous, soyez des êtres dignes et libres, donnez de la force à la démocratie. En un mot, ne soyez plus des moutons que l'on veut tondre à loisir, jour après jour... Et merde, c'est là qu'est la révolution, pas ailleurs : Soyons citoyens !

20.04.2007

Le 22 avril, l'écologie survivra-t-elle ?

Je n'aime pas faire dans le racolage actif, en plus c'est répréhensible grâce à notre cher futur dictateur en chef. Je n'aime pas dire aux autres, tu fais fausse route, tu votes du mauvais côté, fais pas de connerie. Mais après tout la blogosphère m'inonde bien de messages bayrouistes à longueur de journée. Alors, hein, bon.

Le 22 avril, si les Verts font un score ridiculement bas, c'est l'écologie elle-même qui va en prendre un coup. Car ne nous trompons pas, contrairement à ce que veut faire croire Monsieur Hulot, tout le monde ne sait pas, ne veut pas, ne peut pas faire de l'écologie politique. L'écologie se fait avec et grâce aux écologistes. C'est évident. Et si les écolos se mettent à s'éparpiller sur des baudruches sondagières, sur des votes flous, sur des votes que l'on dit utiles, ce sont les vrais écolos qui vont en prendre directement plein la gueule. Est-ce cela que nous voulons pour demain, un monde sans écologie ? Alors que nous n'en n'avons jamais eu autant besoin !

Pour vous en convaincre, ou au moins pour vous faire une idée, ou même juste pour avoir lu au moins une fois du Voynet, prenez le temps de lire cet extrait de son discours prononcé à la Mutualité il y a quelques jours déjà. Ne soyez pas forcément d'accord avec elle, ne soyez pas forcément conquis, mais prenez le temps de laisser à l'écologie une chance. Rien qu'une chance.




"Depuis plus de six mois maintenant, je sillonne la France, en campagne avec les militants Verts. Partout, j’ai été accueillie chaleureusement, par des citoyens, qui alertent, qui résistent, qui inventent. Qui préparent l’adaptation de la France aux mutations de notre monde. Jamais, dans aucune rencontre, je dis bien aucune, on ne m’a dit que les idées et les pratiques des Verts, étaient à côté de la plaque. Car quand on parle de fond, quand on refuse la démagogie, l’intérêt pour la politique reprend le dessus.

Que manque-t-il alors pour qu'un élan se créé ?

Ce ne sont pas les solutions techniques : malgré les retards pris en France, on sait faire de l’écologie, et on est capable d’en faire à grande échelle. On sait faire de la solidarité, on sait faire aussi de la démocratie. Ce qui manque peut-être, c’est la certitude qu’on peut inverser le courant, qu’on peut mettre un coup d’arrêt. La situation écologique est si grave, le désarroi démocratique et l’urgence sociale si grands qu’il faut tout faire pour battre la droite, et qu’il faut pour cela une alliance à gauche, fondée sur un programme clair et des engagements clairs.

Mais la nécessité de battre la droite ne doit pas se transformer en panique généralisée. Il n’y a aucun risque de nouveau 21 avril si les électeurs écologistes votent pour la candidate des Verts, si les électeurs socialistes votent pour la candidate socialiste et si les électeurs communistes votent pour la candidate communiste !

Je sais l’incroyable pression des médias, qui organisent cette campagne comme une sorte de grand spectacle à l'américaine. Qui entrera et qui sortira du loft, voilà ce qui fait vendre. Au diable le fond, au diable les idées !

Et pourtant : ce que serait une France où les idées des Verts ne pèseraient qu'1%, je vais vous le dire.

C’est la relance illico du nucléaire, la réalisation de tous les projets antiécolos qui pullulent partout sur notre territoire : l’incinérateur de Fos, le doublement de l’A7 dans la vallée du Rhône, le creusement de la mine de charbon dans la Nièvre... C'est la capitulation sur les OGM , l’accélération en catimini du nucléaire militaire contre lequel nous sommes les seuls à faire clairement campagne...

Car ce que nous a appris notre passage au gouvernement de la gauche plurielle, ce n’est pas que les socialistes soient génétiquement plus disposés que d'autres à la trahison, mais qu’ils ont peur comme de leur ombre de tout ce qui ressemble de près ou de loin à un lobby.

Les Verts, eux, heurtent lobbies et groupes de pression. Ils résistent. Ils dérangent. Et l'un des enjeux de cette campagne est de savoir si Les Verts vont continuer, ou non, à déranger. Que croyez vous qu'ils se passera le 23 avril, pour l'environnement, pour la protection de la nature et de la biodiversité, pour la réduction des gaspillages d'énergie... si les Verts, le parti de la candidate la mieux notée de tous par l'Alliance pour la Planète, ne sont plus en situation de peser ?


Image Hosted by ImageShack.us

On ne pourra pas se contenter encore longtemps de colmater les brèches, ici ou là, avec les Vice présidents et les adjoints Verts dans les régions et dans les villes. La crise écologique nous impose de d'agir à plus grande échelle: le temps des expérimentations qui nous sont concédées là où nous pesons est dépassé. Il faut d'urgence écologiser toutes les politiques publiques.

Comment le faire sans peser au plan national ?

Il est des moments, chers amis, où quels que soient les calculs et les craintes, il faut refuser les coups de billards électoraux à quatre bandes, avoir le courage de voter pour ses idées, pour ses propres convictions. Dans cette affaire, nous ne courons après aucun strapontin ministériel. Nous ne servons et nous ne servirons la soupe à personne. Il y a mille autres façons pour un militant écologiste de servir ses idées que de participer d’un gouvernement qui ne change pas vraiment les choses.

L’enjeu est clair : vous avez des idées écolos, vous êtes attachés à la résolution des défis écologiques et sociaux qui nous attendent : vous savez qu’on ne peut plus faire de social sans solution écologique et d’écologie sans justice sociale. Vous pensez qu’on ne peut plus attendre et qu’il est déjà bien tard.

Vous avez pour cela entre les mains une arme absolue, non violente, optimiste et obstinée : votre bulletin de vote. Ne votez pas contre vous-mêmes, ne vous laissez pas dépouiller de vos convictions par de petits chantages et par de grosses manipulations ! Utilisez cette arme démocratique pour créer la surprise et faire entendre la voix des écologistes le 22 avril !"

Dominique Voynet

19.04.2007

Dimanche 21 avril + 1 !

Je reviens d'une dizaine de jours de vacances. Ca va bien, merci de vous inquiéter. Et pendant ces vacances, je suis retourné dans le vrai monde. Celui qui se tape des blogs, celui qui vit avec l'Internet à un débit de 56 ko, celui qui ne se sert pas de son ordinateur, celui qui regarde la télévision. Mais si, vous savez, la France d'en dessous, celle qui dans son archaïsme ne connait pas la blogosphère, ne lit pas la presse et s'abreuve de matières cathodiques. Mais enfin si, vous savez bien. Ne me dites pas que vous aviez oublié que c'était ça, la France.

Et bien dans ce vrai monde, j'ai pu voir quel était le traitement télévisuel de la campagne présidentielle. Et rien que d'en parler j'ai des sueurs froides. Au menu d'un JT, quelle que soit la chaine d'ailleurs, vous avez de la violence, de l'insécurité, des faits divers sordides, des viols et un soupçon de terrorisme. Et quand la France ne suffit plus, on va chercher une tuerie estudiantine aux Etats-Unis. Facile. Au delà, rien d'autre. Je peux le jurer.

Et vous savez quoi, j'ai peur. Peur que cette France soit définitivement un pays replié sur lui même, un pays de haines, de peurs et d'intolérances. Me voilà avec mes petites utopies écologistes et humanistes, noyé dans un océan sécuritaire et xénophobe. Je ne sais plus si la télé est le reflet des français ou si les français suivent les médias mais en tous les cas, mesdemoiselles, mesdames et même messieurs tiens, je peux vous dire que ça craint.

Ce dimanche pourrait bien être un choc pour beaucoup. Moi, j'y suis maintenant préparé. Mais je vous assure qu'on pourrait bien y aller droit. 20 heures pourrait être l'heure du coup de poignard dans le dos des derniers humains libres. Et cette fois-ci, plus question de descendre dans la rue, la majorité aura parlé, parlé plusieurs fois. C'est désolant... Sortez les drapeaux, apprenez la Marseillaise, songez à détester les étrangers et préparez vous à la collaboration, la France se réveille... à droite toute !


Image Hosted by ImageShack.us

08.04.2007

Le 22 avril, je vote pour...

Il reste 14 jours avant le scrutin présidentiel. Cette campagne a été longue et, disons le, bordélique. Candidats indignes. Thématiques improbables. Sondages outrageusement menteurs. Médias misérablement incompétents. Belle campagne. Pas fier.

Et à l'instar de cette campagne, mon choix a été compliqué. Petit retour sur mon cheminement chaotique. J'avais commencé par dire que je voterais, une fois les programmes sous les yeux, sur des thématiques qui me tiennent à coeur : écologie, institutions et relations internationales. Puis, quand Bové a annoncé sa venue, après avoir longtemps pensé que sa place n'était pas ici, je me suis dit que je voterais Bové. Avant de déchanter en me disant que, quand même, son programme étatico-étatiste n'était pas vraiment ma tasse de thé.

Puis, emballé et ankylosé par la poussée du centriste béarnais et surtout paralysé par l'idée de vivre cinq ans sous le joug sarkozyste, je me suis dit que je voterais "utile". Une pince sur le nez. Le ralliement de Corinne Lepage m'a aidé à m'y faire. Quelle connerie ! Rassurez vous, j'étais lucide, je savais que je voterais à droite, pour un candidat démago de la démocratie chrétienne qui fait croire à un penchant à gauche pour gagner avec opportunisme, là où Le Pen ne peut qu'échouer.

Et finalement, j'ai enfin ouvert les yeux. Le vote en temps normal n'est pas une "expression du citoyen" mais simplement un choix démocratique. Mais si l'on nous retire ce choix, en agitant les peurs et les vieux souvenirs, ce régime n'a plus rien de démocratique. Alors je vais faire ce que j'aurais toujours dû faire. Pour ma première présidentielle, je vais voter par conviction. En 2007, je vais voter pour l'écologie, l'altermondialisme, l'ancapitalisme, l'internationalisme, la solidarité, la fraternité, le respect. Je vais voter pour les Verts et pour Dominique Voynet.


Image Hosted by ImageShack.us

Voter écolo, à quoi ça sert me direz vous si la candidate est à 1 % dans les sondages ? Et voter soit disant rationnel, pragmatique et utile, à quoi ça sert alors ? Le vote n'est jamais utile ou inutile. Et puis, merde aux sondages et merde aux stratégies électoralistes qui ne sont ni plus ni moins qu'un renoncement à la démocratie. Je suis un citoyen, je vote pour qui je veux. C'est ça la démocratie. Font chier avec leurs prise d'otage !

Chaque parti a signé le pacte écolo de Hulot, faisant croire à un soudain ralliement à la cause. Mais il ne faut pas s'y tromper, tout le monde ne sait pas, ne peut pas ou ne veut pas porter l'écologie politique. Le seul parti qui a fait ses preuves localement en la matière, ce sont les Verts, et ce depuis vingt cinq ans.

Et si par hasard les Verts venaient à faire un score ridiculement bas lors de cette élection. Et si par malheur, les Verts pesaient autant que les chasseurs. Alors, l'écologie politique serait morte, à la présidentielle, aux législatives, aux régionales, aux cantonales et aux municipales. L'écologie politique serait annihilée. Est-ce cela que nous voulons ? Pas moi. Alors qu'on ne vienne pas me dire que Le Pen, Sarkozy ou Bayrou au second tour ça sera de ma faute. Si les socialistes n'y sont pas, ils n'auront qu'à se demander s'il fallait vraiment se détacher de leur gauche et de leur côté écologiste pour aller pactiser avec les thèses centristes, racistes et nationalistes.

Les Verts à 1 % ne pourraient pas se faire entendre dans une coalition de gauche. Plus jamais. Vous me direz, il faudrait déjà que la gauche passe. Certes. Mais je vois plus loin, je ne résonne pas qu'avec la présidentielle. Car la latitude du (de la) futur(e) président(e) dépendra beaucoup des législatives. Les Verts ne doivent pas y tenir une place de figurant. Et pour cela, il faut que le parti réussisse sa présidentielle. Les Verts sont un parti écologiste et humaniste qui doit peser. Plus que jamais.

Alors pour moi, le 22 avril, ça sera la révolution écologique de Dominique Voynet ! Et cette fois si, ce sera sans peur, mais avec bonheur et conviction ! A bon entendeur...


Image Hosted by ImageShack.us

06.04.2007

La France d'après dans ta gueule... !

Je n'aime pas beaucoup relayer les vidéos un peu choc et les rumeurs qui tournent sur la campagne, façon fond de tiroir. Mais là, ça s'impose.

Que s’est-il passé mardi 3 avril dernier à Mont-Saint-Aignan près de Rouen ? Peut-on parler de bavure se demandent les journalistes ? Bien sûr, et on peut même parler d'infâme dérapage de policiers ignoblement inhumains. Grâce à cette vidéo tournée par un amateur lors de l’interpellation de deux jeunes, on voit que les forces de police deviennent de plus en plus "fortes" et de moins en moins "policées". Etranglement, tabassage en règle, lâcher de chien, bref tout l’arsenal y passe sur l’un des interpellés qui, de plus, a les mains attachées dans le dos.


Image Hosted by ImageShack.us



Voilà le résultat de cinq ans d'une politique sécuritaire et autoritaire du pompier pyromane Sarkominator ! Génial. Et on voudrait resigner avec ce régime qui promet un sale goût de la France d'avant, celle des rafles et de la collaboration.

Citoyens libres, résistons à cette poussée fascisante... !


Image Hosted by ImageShack.us