30.06.2007
Sept petites choses...
A la demande générale de So-Ann et devant l’insistance de sa blondeur bouclée, je me dois de vous livrer sept petites choses sans grande importance sur ma petite personne. Je m’étais déjà livré à l’exercice des six vérités farfelues ici même, et comme j’y avais pris un certain plaisir, je re-begin et replonge avec un certain délice, non dissimulé, dans ce narcissisme de circonstance. Et So-Ann qui croyait m’embêter. Alors vous voilà obligés d’en apprendre un peu plus sur votre humble serviteur. Ca va être long, mais si vous avez des réclamations, faites-les à So-Ann directement. Enjoy… or not !
Petite chose n°1 bis : Au fond, mon rêve quand j’étais petit, c’était plutôt de devenir grand. Maintenant, c’est de continuer à rêver.

Méditation de Ben dénichée sur ce blog.
Petite chose n°2 : J’aime bien les mots. Et il y a des mots que je préfère à d’autres. Et vous savez pourquoi ? Simplement parce que lorsque je les prononce, ça me fait rire. Exemples : cucurbitacée, garde-chiourme, saugrenu, gougnafier, caravansérail, cacahuètes, saperlipopette, impromptu, galéjade, biniou, esbaudir, pugnacité, inopiné, gnomon, bachibouzouk, ténébrisme caravagesque. Mais je crois que mon préféré, ça reste indéniablement bec Bunsen.
Petite chose n°3 : Il y a quelque chose que j’aime beaucoup faire, c’est m’asseoir sur un banc et regarder les gens autour de moi. Les observer vivre. Leurs rires, leurs mots, leurs gestes, leurs regards, leurs instantanés de vie, ça m’inspire. Ca me fascine. Leur visage, surtout. Dans ma tête, j’ai des milliers de visages que je retiens. Physionomiste, ils appellent ça, les gens qui savent des choses. Moi, j’aime bien les visages. Avant, je disais tout le temps qu’en plus de Tintin, je serais « sociologue des gens ». Et si y’avait pas de débouché, j’aurais été « sociologue du bouchon ». Oui, parce que j’ai jamais compris le concept de l’embouteillage accordéonesque.
Petite chose n°3 bis : Quoi, je suis fou ? Comment ça je suis fou... Que vous êtes tristement normatifs vous alors !

Dormir d'un oeil, photo de Patricia Guérin.
Petite chose n°5 : Toute guerre fournit son lot de déserteurs. Je rêverais de déserter. Donc, j’aime la guerre... Je n’aime pas les sophismes. C’est idiot comme raisonnement.
Petite chose n°6 : J’exècre la religion. Je conspue les religieux. Mais j’admire la foi. Et peut-être même, finalement, que je déteste autant la religion parce que je n’arrive pas à atteindre cette spiritualité intérieure. Plutôt que de croire en cette chose supérieure, je tente de croire en moi et en les miens. Plutôt que d’assurer mes arrières et mon salut dans l’au-delà, je tente de faire de ma vie mon paradis. Plutôt que d’apporter des réponses, je cherche toujours à renouveler les questions. Plutôt que d’obéir à des commandements, je veux me libérer de toutes les chaînes mentales. Si Dieu répond aux névroses personnelles comme le pensait Freud, l’Eglise n’est donc à mon sens qu’une vaste thérapie de groupe. Reste pourtant que l’élévation spirituelle intérieure me manque. Je crois...
Petite chose n°7 : Allez, pour finir, en vrac et en désordre. J’aime trouver un nid de fourmi et y jeter quelques gouttes pour les affoler, j’aime le chocolat, regarder les poules s’agiter et me demander si elles possèdent une forme d’intelligence, admirer un champ de coquelicots, faire semblant d’avoir peur la nuit pendant l’orage, écrire des mots en désordre sur une feuille blanche, écouter du blues, fendre les amandes en deux dans la longueur avec mes dents, essayer les cappuccinos de tous les bars du monde, ne pas m’imaginer partir un jour dans l’espace, entendre des gens parler des langues étrangères dans la rue et les jalouser, la reprise de Patti Smith de Pastime Paradise de Stevie Wonder, les contes fantastiques de Maupassant, écouter les gens parler de leur vie, la voix de Paulette Godard dans le Dictateur, les cheveux de BHL quand ils sont tartinés par la crème d’une tarte qui lui a été jetée au visage, mes deux expressions fétiches d’enfance : « ça a le goût de l’odeur » et « occupe toi de ce qui te mêle », manger des moules à Cancale, écouter Nino Ferrer chanter le Sud, les façades ocres romaines, le cloître de Saint Hilaire dans l’Aude, me regarder dans le miroir et imaginer ma tête dans soixante ans, caresser le cou des chats, mordiller des brins d’herbe, marcher sur la route en ville, regarder les gens qui te regardent quand ils sont assis à une terrasse, parler seul, acheter des livres et ne pas les lire, me souvenir que quelque part dans ce pays j’ai une cabane à moi dans un arbre, penser à mes grands pères que j’aurais tant aimé connaître, croire que j’ai failli m’appeler David Gakowski, me penser différent des autres, imaginer que j’aimerais un jour mes enfants comme j’aime ceux des autres, l’Afrique et sa beauté que certains disent primitive. J’aime en général. J’aime tendrement et en particulier quelques uns et quelqu’une...
Fin : Et bien voilà, vous en savez sept fois plus qu'avant de venir. Pas sûr que vous soyez plus avancés mais enfin. Maintenant, le principe du jeu étant ce qu'il est, je dois à mon tour taguer sept personnes qui devront se livrer et devenir à leur tour tagueur et désigner sept personnes. Et ainsi de suite. Selon le réglement, les “tagué(e)s doivent écrire 7 choses à leurs propos sur leur blog, ainsi que ce règlement. Vous devenez ensuite tagueur et devez taguer 7 autres personnes et les énumérer à la suite du billet. Vous laissez alors un commentaire sur leur blog leur indiquant qu’ils sont tagués et les invitant à lire votre space."
A mon tour de choisir sept victimes. Sont appelés à confesse : José Ferré, Eric Mainville, Quitterie Delmas, Charlie, Claire, Dilettante et Lucas. Désolé...
15:20 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25.06.2007
Un nouveau chemin ?
Par là même, j'annonce officiellement le début de la période de changements sur ce blog. Après avoir tenté, avec plus ou moins de succès, de talent ou d'investissements trois expérimentations (1, 2 et 3), après avoir partagé et construit, je vais opérer un nouveau virage. Ces trois expériences vont me servir à en créer une nouvelle. Un nouveau blog, un nouveau lieu, un nouveau fonctionnement. Pour être plus efficace et plus polyvalent, plus libre tout simplement. Les prochaines semaines seront donc un peu flottantes... Une fois de plus ! Mais avec l'excitation de tout recommencer. Comme un défi.
20:27 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.06.2007
L'espoir est un isthme
Tous ces mots sont pleins de sens et pourtant, si vides, parfois. Ici, hérésies. Là-bas chimères. Ils sont pesants. Ils font peur. Rassurent certains. Prennent la vie d’autres. Font rêver. Ont fait couler du sang. Ont procuré de la joie. Ou des larmes de tristesse. Mais toujours dans l’excès. Toujours.

NB : Petite note en forme de clin d’œil à ce sympathique commentateur de Quitterie Delmas qui fait de moi le héraut de l’utopie en citant une phrase qu’il m’attribue un peu vite.
10:25 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : isme, espoir, tolérance, respect, idéologie, excès
17.06.2007
A la recherche de l'Humanité...
"Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître. La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd'hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.
Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n'ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l'esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux "le centre du monde" ou "la mère terre". Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l'harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l'équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.
Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu'à lors presque inconnue. Et l'on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.
Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des "petits frères" qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l'économie qui bouleverse l'équilibre social.
"Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c'est un peu comme l'eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu'une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n'apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature." Miguel, chaman kogi.
Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.
Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d'une course dans la Sierra. Les Kogis l'ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l'association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l'instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.
Quels dangers pèsent sur les Kogis ? Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.
D'abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, "frère de coeur" d'Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d'extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.
Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l'UNESCO, menacent les terres des Kogis.
"On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux." Eric Julien.
Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d'une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l'Histoire, l'Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d'Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.”"
11:30 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Kogis, Colombie, peuples racines, humanité, tchendukua ici et ailleurs
14.06.2007
Et maintenant ?


Pourquoi se battre ? Pour quoi se battre ? La réponse semble évidente. Mais surtout, comment lutter ? Avec les mêmes armes que l'ennemi ? C'est perdu d'avance. Par le dialogue et l'écoute ? Alors qu'en face, la répression est toujours plus forte et que l'ancien monde rend coup pour coup, il faudrait être fou. Avec la vertu et l'exemple ? Dans ce cas, il faudrait que nous soyons tous des êtres irréprochables, que chacun de nos noms entre dans l'Histoire, que des Gandhi et des Martin Luther King naissent en chacun de nous. Et c'est peu de dire que l'opération semble improbable. Par la violence, les cris et le sang ? Nous en aurons, il n'y a aucun doute là dessus, mais le salut vient rarement du chaos. Par l'activisme sur tous les terrains ? La tâche semble longue, dure et presque irréalisable.

Pour ma part, je suis complétement déboussolé. Même si j'avais fait de cette phrase "devenir acteur de l'actualité et non spectateur" la devise de mon blog, j'ai depuis quelques temps l'envie de m'asseoir sur un banc et de regarder passer à toute vitesse ce monde qui veut foncer dans le premier mur venu. J'ai envie de descendre de ce train dément qui, lancé à grande vitesse, ne prend pas le temps de regarder le paysage et de profiter du voyage merveilleux qu'il a la chance de vivre.

20:25 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : utopie, capitalisme, écologie, démocratie, des mondes en luttes
05.06.2007
Changer le monde...
"En 1989, un mouvement étudiant exige des réformes politiques et dénonce la corruption en République populaire de Chine. Symbole de cette lutte pour la démocratie en Chine et dans le monde entier, la répression sanglante de manifestations pacifistes sur la place Tiananmen. De cet évènement, le monde a retenu un cliché.

La question reste ensuite de savoir ce que nous ferons une fois la machine neutralisée. Faire faire demi-tour au tank ? Peut-être. Dans certains cas et en partie seulement, la décroissance sera inévitable. La production de ressources énergétiques fossiles, la production d'énergie nucléaire, la production de produits chimiques et toxiques, l'agriculture intensive soutenue par les pesticides et les OGM, voilà des domaines qui devront décroître. Pendant que des modes de production propres et viables devront croître de manière presque exponentielle.
Mais surtout il faudra faire prendre une autre voie à ce véhicule, la voie du progrès humain et du développement planétaire, sans dégrader notre environnement. Plus encore que de changer de voie, il s'agira même de changer de véhicule. Remplacer le tank qui écrase tout sur son passage, les hommes, leurs cultures et leur vie, par un véhicule plus respectueux de l'humain. Voilà notre défi. Un défi colossal mais que nous ne pouvons pas ne pas relever. Si nous voulons encore vivre, si nous voulons que nos enfants et nos petits enfants vivent, il faut que ce que certains appellent Utopie devienne réalité. L'Humanité va devoir lutter, sans quoi, nous serons TOUS perdants."
10:58 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : changer, monde, 1989, Chine, étudiants, Tiananmen, répression
28.05.2007
Hollywood, ça en dit long !
Bon alors je ne vais pas faire dans la critique cinématographique. D'abord parce que j'étais prévenu avant d'acheter mon billet. Et puis parce que ça n'en vaut pas la peine. Rapidement, les acteurs sont mauvais, les effets spéciaux qui coûtent cher donnent des scènes bien ternes et ennuyeuses, le scénario est rapidement bâclé, l'intérêt du film approche le néant et puis on rigole surtout aux moments où il faudrait verser une larmichette. Bref, pour résumer mon opinion, je reprendrais les mots d'un spectateur à la fin du film : "euh, la musique était souvent sympa !".
Bon, mais ce mauvais film a au moins un intérêt culturel et sociologique. Finalement, au lieu de me rendre abruti, ce film m'a appris pas mal de choses. Enfin non, il en a confirmé plutôt. Hollywood est un très bon révélateur de la vision américaine de ce bas monde. D'abord, il y a le cliché du peuple français qui a fait rire tout le monde dans la salle. Un restaurant new yorkais chic tenu par un serveur gominé censé être français vous laisse l'image d'une ringardise romantique débordante. Belle vision d'un peuple rouillé dans sa tocardise has been. Ouais bon, bah on dirait que les Américains sont pas venus en France depuis 1944. Hey, le monde bouge les amis. Viendez voir, ça vous changera...

Mais surtout, surtout, il y a cette scène incroyable. Bon allez, je vous la raconte, de toute façon vous n'irez pas voir ce film. (Si ? Non, ça va pas la tête, n'y allez pas... vivez, à la place !). Donc, au moment où les méchants semblent vraiment trop méchants et qu'ils vont gagner et tuer la super gonzesse du gentil et bien là, Spiderman, redevenu le vrai gentil pour l'occasion débarque sous les Hourra de la foule entre deux immeubles pour leur péter leur tronche. Mais au moment où il arrive, devinez quoi, il arrive sur fond de drapeau américain. Bah oui, parce que le gentil qui délivre le monde de ses vices c'est forcément un yankee. Pensez donc. Ils sont forts ces ricains quand même. Tout ça parce qu'en 200 ans ils ont foutu une branlée aux nazis et qu'ils ont maté le vieux Staline, ils se permettent de penser que la liberté et la démocratie sont leurs valeurs. Ouais, alors faudrait qu'ils fassent un peu d'histoire les Américains, et qu'ils restent humbles. Parce que là... Les ricains en sauveur de ce bas monde obscur et païen, moi je trouve ça un brin caricatural. Juste un peu... Ah, le manichéïsme hollywoodien... c'est réjouissant de puérilité.
Bon, sur ce, je retourne à mes révisions historiques. Vous savez, cette période atroce où le monde, dans son incroyable archaïsme ne connaissait pas encore les bienfaits du Coca Cola... Pauvre monde...
11:05 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : spiderman 3, hollywood, bien, mal, manichéisme
23.05.2007
Talkin' bout a revolution...
Alors que je pourrais simplement, vivre d'amour et d'eau fraîche, parcourir le monde, boire une bière avec des blogueurs, manifester pour la liberté d'Ingrid, me voilà obligé de vivre deux semaines en mode estudiantin. Dommage...
Alors en attendant, je prends cinq minutes de plaisir en regardant cette vidéo, celle de la belle Tracy... Et vous, vous les entendez au loin, parler de révolution ?
19:17 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tracy chapman, talkin' bout a revolution
08.05.2007
Résistons !
11:18 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : résistance, génération, monde, albert camus
25.04.2007
Isegoria #2 : Le pouvoir local du citoyen, la citoyenneté en mode actif
Voici le compte rendu de la deuxième rencontre sur le thème du pouvoir local du citoyen. Notre témoin, Christophe Grébert, est journaliste, passionné de nouveaux médias, militant socialiste, membre du Syndicat National des Journalistes, militant contre l'homophobie et habitant de Puteaux. Il a crée le 1er mai 2002 le site Mon Puteaux qui propose de faire circuler l'information locale et qui est un lieu de débat. Autour de lui, quatre citoyens : Jean-Michel Comte, habitant du Xème arrondissement de Paris qui est président de l'association du Passage des petites écuries et animateur du blog Rentre chez toi créé par des riverains du QG de Nicolas Sarkozy rue d'Enghien ; Eric Mainville, blogueur sur Crise dans les médias et membre du réseau Freemen ; Frédéric Badina, blogueur, étudiant en aménagement du territoire, engagé en politique et dans l'associatif, il est notamment impliqué dans certains conseils de quartiers parisiens, il est vice président de l'association Voiture & co et délégué jeune chez Cap 21 ; Fabien Neveu, responsable de l'association Démocratie Active qui organise depuis 1997 des rencontres et des cercles de réflexion sur les thématiques citoyennes.
Vers l’engagement citoyen :
Nombre de citoyens font aujourd’hui le constat d’une crise de la représentativité et de la démocratie représentative en général. Et ce constat se base sur l’idée d’une césure forte entre les élus et leurs électeurs, les élus donnant l’impression d’accaparer le pouvoir à leur compte et les électeurs pensant ne plus pouvoir avoir prise sur le débat public. De ces dérives apparentes et largement perçues de la démocratie représentative à la nécessité d’une prise de pouvoir local, il n’y a qu’un pas. En effet, pour combler ce sentiment de dépossession, beaucoup de citoyens décident de s’engager localement. Quel que soit le déclencheur de départ, que ce soit un choc suite à un résultat électoral ou que ce soit le fruit d’un long parcours personnel, le citoyen a envie de s’engager, d’opérer une action concrète, et de découvrir directement les résultats de ses actions.
Ainsi, démocratie représentative et démocratie participative deviennent complémentaires. D’un côté, le citoyen élit ses représentants périodiquement. De l’autre, il a la possibilité de travailler sur le terrain, localement, pour suivre la politique de son élu, pour compléter son travail ou pour le contrôler.
Le premier problème posé par cet engagement citoyen, c’est son encadrement. Il est rare de voir un citoyen s’engager sans faire partie d’une organisation. Syndicats, partis politiques ou associations, tous les organismes permettent cette prise de pouvoir local. On peut alors se demander qui de l’engagement ou de l’organisation a permis l’action citoyenne. Est-ce le citoyen qui adhère à une organisation pour donner plus de poids à son action et pour partager son expérience ? Ou est-ce l’organisation qui crée des vocations et canalise les énergies ? En d’autres termes, se dirige-t-on vers une figure du citoyen indépendant ou du citoyen comme produit d’un système politique, comme rouage d'une machine du pouvoir ?
L’engagement citoyen, un saut d’obstacles :
L’engagement citoyen est un parcours complexe. Tous les citoyens présents pendant le débat n’ont pas manqué de le souligner et de partager leurs difficultés. Le principal problème qui se pose est celui du blocage informatif. Les seules sources dont dispose localement le citoyen sont celles produites par la mairie ou les autorités locales. Et parfois, ces informations peuvent prendre des allures de propagande. Et quand le citoyen décide de dépasser ces informations et de se faire lui-même sa propre opinion, il n’est pas rare de voir des obstacles se dresser devant lui. On vous demande un rendez-vous pour obtenir de la documentation, souvent aux heures où vous travaillez et sans forcément venir vous accueillir à l’heure dite, ou l'on supprime la tribune de l’opposition dans la presse locale alors que la loi l’impose. Bref, on n’aime pas que le citoyen fasse un travail d’investigation ou d’information qui pourrait déranger. On regarde d’un mauvais œil le "citoyen poil à gratter".
Un des moyens de pallier ces difficultés et de faciliter son action, c’est Internet. Internet est un outil qui permet d’amplifier cette action citoyenne, de lui donner du poids, de la médiatiser et de la développer. Internet n’est pas une fin, il est un moyen, un levier de l’engagement citoyen. Le poids qu’a pris Internet est indéniable. Dans les Hauts de Seine, par exemple, lorsque des sites et des blogs citoyens se sont ouverts, la majorité au pouvoir a immédiatement pris le contre-pied en ouvrant à son tour des blogs. Et de nombreuses mairies ont peur que les conseils de quartier ouvrent leur site car Internet permet aux citoyens de peser plus lourd dans la balance. Christophe Grébert, par exemple, le sait bien, la médiatisation enclenchée par son blog lui a permis de financer sa défense devant les tribunaux de Puteaux.
Quelle place pour le citoyen ?
Dans la démocratie représentative actuelle, les élus laissent peu de places aux citoyens. De manière logique, une majorité de citoyens décide de ne pas participer au processus démocratique qui ne leur laisse pas assez de latitude. Les élus, partant de ce constat et de ce supposé désintérêt des citoyens, décident de ne pas prendre le parti de l’ouverture citoyenne. Et ainsi s’enclenche un cercle vicieux. Les représentants sont persuadés que les citoyens ne s’intéressent pas au débat public et les citoyens sont convaincus que les représentants ne veulent pas les laisser s'exprimer. Pour casser ce cercle, il faut que la transparence et la liberté d’expression soient assurées et qu’une brèche s’ouvre.
Mais une fois la voie ouverte à l’action citoyenne, quelle place doit ou peut prendre le citoyen ? Les citoyens présents pendant le débat ont majoritairement rejeté l’idée que le citoyen doit contrôler l’élu. Le citoyen ne doit pas être un juge. Pour sanctionner un représentant qu’il juge incompétent, il a à ses côtés l’arme du bulletin de vote.
Mais d’un autre côté, les mêmes participants ont souligné le fait que les représentants devaient consulter les citoyens, les électeurs, en prenant en compte leur parole. Il faut que cette consultation soit coercitive, sans quoi, on s’écarte des principes démocratiques. Il faut trouver un équilibre stable entre la consultation locale du citoyen et les décisions prises par les représentants. Il faut trouver une adéquation, ce qui fait de l’élu un arbitre des intérêts, un garant du respect de la parole citoyenne.
Ainsi, il y aurait un réel partage des rôles entre citoyens et représentants à l’échelle locale. La démocratie représentative serait celle du pouvoir des élus et la démocratie participative serait celle de la consultation, de la communication et de l’activisme citoyen. Les deux n’étant pas antinomiques mais complémentaires.
La citoyenneté active, un idéal ?
Même si la participation citoyenne aux affaires publiques a été saluée par les participants, peu sont ceux qui ont oublié de mettre l’accent sur les limites de cet engagement citoyen. D’abord, en France, il n’y a pas de culture de la négociation ou de la concertation qui permet d’ancrer les débats entre citoyens et représentants dans les pratiques politiques. Il y a donc une nécessité d’éducation des citoyens. Autrement dit, la citoyenneté n’est pas innée, elle s’apprend.
Eternel problème ensuite, celui des compétences. Le citoyen n’est pas toujours compétent et il ne pourrait ainsi pas toujours participer à la vie de la cité. Il vaut mieux former les citoyens et utiliser des experts pour amender la politique des représentants. C’est en substance l’avertissement que certains ont pu prononcer. Faut-il être « compétent » pour participer à la vie politique ? Faut-il exclure certains et selon quels critères ? La question se pose depuis 1789 à chaque mouvement de réforme du gouvernement représentatif. Et elle se pose encore en 2007 pour certains.
Autre avertissement apporté par les participants, celui du champ d’action du citoyen à l’échelle locale. Le citoyen qui se sent presque « inutile » dans la démocratie représentative décide de s’engager localement pour faire valoir ses droits. Pour pousser à l’extrême la critique on pourrait dire que le citoyen troque son pouvoir national contre le droit de donner son avis sur l’emplacement de tel ou tel massif de fleurs ou sur le nombre de caméras de vidéosurveillance à installer. Si la démocratie représentative et la démocratie participative peuvent être complémentaires on peut se demander si elles doivent réellement se substituer l’une à l’autre, tant elles n'ont pas le même sens et le même poids.
Autre critique, le passage à ce que l'on pourrait appeler l’hyperdémocratie. Certains pensent que le citoyen a avant tout un caractère égoïste. Il participerait à la vie de la cité pour défendre son point de vue, ses intérêts, ses objectifs. Aucun consensus n’est donc réellement possible dans cette optique. Seul résultat, des débats interminables, des oppositions, des heurts incessants. C’est l’idée d’une démocratie directe qui serait en fait une hyperdémocratie non viable.
Dernière critique. Donner le pouvoir au citoyen comporte un risque. On peut se demander dans quelle mesure le pouvoir citoyen est un pouvoir de construction, le citoyen se plaçant régulièrement dans une posture de contre pouvoir et de critique des représentants. Le citoyen doit-il limiter le pouvoir de certains ou construire son propre pouvoir ?
Vers une réinvention de la démocratie ?
Dès lors, se pose la question de la finalité de cet engagement citoyen. Est-ce que l'engagement local est une étape nécessaire, un investissement local pour une action globale ? Cet engagement est-il un laboratoire d'expérimentations du vivre ensemble ? Est-ce que ces nouvelles pratiques participatives doivent servir d’exemple pour modifier la démocratie représentative ou est ce qu’elles sont une nouvelle façon de faire de la politique qui créeraient un nouveau pouvoir ?
16:45 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : isegoria, débat, citoyen, citoyenneté, pouvoir local citoyen
breant.hugo@yahoo.fr













