27.02.2007

Le nôtre s'appelle Sarkozy...

1945. La Hongrie plonge dans la terreur staliniste. Un homme aux manettes, Mátyás Rákosi.

Mátyás Rákosi est né en 1892 en Autriche Hongrie. Lors de la Première Guerre mondiale, il servit son pays avant d'être fait prisonnier par les Russes. En 1917, il devint un marxiste convaincu. Revenu en Hongrie, il participa à la très brève République des Conseils avant de s'exiler à nouveau en Union Soviétique.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Hongrie plonge dans l'orbite soviétique et le rideau de fer tombe sur le pays. Le stalinisme s'impose de force et Mátyás Rákosi devient secrétaire général du KPU, le Parti Communiste Hongrois. Autoritaire rigide, il impose une soviétisation systématique du pays et de ses appareils. L'opposition n'a ni le droit de cité, ni le droit de vivre.


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Affublé du surnom qu'il s'était lui-même donné, "le meilleur élève hongrois de Staline" adopte une stratégie des plus brutales, la "tactique du salami". Un but, vérouiller le pouvoir en éliminant, en chassant, en neutralisant, en découpant l'opposition démocratique et non communiste "tranche après tranche, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien". La police politique aux ordres de Mátyás Rákosi plonge le pays dans la terreur d'Etat et des milliers d'opposants perdent la vie.

Et en 1952, Mátyás Rákosi devient également premier ministre. La Hongrie connaît une crise économique, sociale et agricole sans nom. En 1953, à la mort de Staline, les communistes lui demandent de céder la place à Imre Nagy. Mais en 1955, Mátyás Rákosi, toujours à la tête du parti, place les siens au pouvoir et la répression s'accélère.

Face aux soulèvements révolutionnaires et aux discours de Khrouchtchev en 1956, Mátyás Rákosi abdique en Union Soviétique avant d'être exclu du parti.


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Voilà le destin de Mátyás Rákosi, homme de fer et autocrate dément. Voilà de quoi l'Histoire est en partie faite, de ses hommes qui, convaincus par une idéologie abjecte et enfermés dans leurs dogmes, adoptent des techniques honteuses voire monstrueuses pour mener à bien leurs funestes projets et interdire à tout autre le droit à la parole, quand ce n'est pas le droit d'exister.

Voilà ce qui vient salir l'Histoire, des tâches éparses qui tendent à se répéter dans l'indifférence générale... Quand cessera-t-on de donner le pouvoir à des fous ?

17:10 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mátyás Rákosi, stalinisme, tactique du salami, Hongrie, Nicolas Sarkozy

29.11.2006

Chronique extraordinaire du sexisme ordinaire !

Pour répondre à la série d'excellents articles de la non moins excellente Charlie, je vous livre une petite citation qui montre que le sexisme ordinaire n'est pas récent !

Dans le discours "Contre Neera", un logographe athénien, le Pseudo-Démosthène, déclare au IVème siècle, devant l'assemblée des citoyens :

"Les courtisanes, nous les avons pour le plaisir ; les concubines, pour les soins de tous les jours ; les épouses, pour avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle du foyer."

Alors, qui dit mieux, enfin plutôt pire ?

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09:30 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexisme

20.09.2005

La naissance de la superpuissance américaine


Depuis 1945, les Etats-Unis se sont hissés au rang de leader mondial, incontesté et incontestable, avec ces cinquante ans de Pax Americana,
le monde voit alors poindre un nouveau schéma d'organisation géopolitique



En 1945, les Etats-Unis sortent de la guerre, forts d’une position dominante nouvellement acquise. L’isolement géographique et le statut de vainqueur les ont préservé des pertes humaines et matérielles. L’expansion économique est forte malgré l’obstacle que représente la phase de reconversion des entreprises, toutes tournées depuis 1942 vers l’effort de guerre. La suprématie monétaire est implacable. La reconstruction et la prospérité de nombreux Etats dépendent de l’aide économique américaine. L’opposition avec le bloc communiste leur offre le rôle de garant politique et financier du « monde libre ». En bref, la deuxième moitié du XXème siècle est celle de l’avènement du « leadership » américain. Le drapeau américain flotte désormais sur les ruines du monde.



Après trois ans de guerre meurtrière et totale, l’Etat américain peut se féliciter du bilan établi. En effet, les Etats-Unis ont certes perdu trois cent mille soldats, mais ce chiffre est minime si on le compare avec les treize millions cinq cent mille soviétiques tués au combat. De plus, la position géographique américaine a épargné aux populations civiles des bombardements atroces et insoutenables. Le monde offre en 1945 un contraste saisissant. Après l’hémorragie démographique qui a tué cinquante millions d’hommes et de femmes, de combattants et de civils, l’Europe exsangue, semble bien abattue face aux Etats-Unis, presque indemnes après leurs trois années de conquêtes militaires. Ce seul point constitue un avantage certain, la population a vécu dans une moindre mesure le traumatisme de la guerre, ils n’ont pas eu à supporter comme les londoniens, le pilonnage incessant des maisons, le cri des sirènes et les éclairs flamboyants qui fendent le ciel sombre. De plus, nombre de jeunes GI’s sont revenus au pays, bien vivants. Les bouleversements démographiques n’ont donc pas été aussi intenses qu’en Allemagne par exemple. L’Union des vainqueurs est le symbole de la fracture internationale, en effet, elle allie l’URSS détruite et les Etats-Unis, réels vainqueurs de cette guerre.



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L'Amérique, vainqueur de la guerre,
a eu la chance de pouvoir préserver beaucoup des siens



Les industries intactes doivent alors se reconvertir pour répondre à la demande liée à la reconstruction du monde. La capitulation du Japon, le 2 septembre 1945, accélère l’annulation de trente cinq milliards de dollars destinés aux contrats de guerre et amène la démobilisation de sept millions de soldats en huit mois. Les spécialistes sont alors très alarmistes et pensent que la reconversion sera difficile et périlleuse. En effet, le ravitaillement des pays européens et la demande différée des ménages créent une légère inflation et la diminution soudaine des heures supplémentaires incite les syndicats à appeler à la grève. Ainsi, en 1946, cent sept millions de journées de travail s’envoleront en fumée. Enfin, les agriculteurs, décident de ne plus livrer leurs productions pour protester contre les mesures de contrôle des prix. Mais, malgré ces troubles, la reconversion se fera sans difficulté. Dès lors, l’économie américaine se trouve stimulée et le pays devient le leader économique mondial. Et ceci et d’autant plus vrai depuis que l’ennemi soviétique, éternel adversaire de la Guerre Froide, s’est effondré, c'est-à-dire depuis 1991. Si l’on pouvait observer une lutte pour la suprématie, aujourd’hui, il n’y a plus besoin de se battre, les Etats-Unis sont les leaders incontestés.


« L’hyperpuissance » américaine est fondée sur plusieurs critères. Cette expression quelque peu péjorative à été inventée par Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères sous Jospin en 2002, par ces mots, il a voulu montrer que la puissance américaine est unique voire exagérée. Le pays est d’abord un arsenal de premier ordre, sa puissance militaire repose sur la possession d’armes de destruction massive, du nucléaire aux armes chimiques. Cette panoplie militaire est sans cesse innovante et opérationnelle partout dans le monde puisque les Etats-Unis possèdent le plus grand réseau d’alliances. La Chine et la Russie peuvent encore se vanter de pouvoir déstabiliser cette hégémonie dans le domaine de l’armement, mais il faut noter que les américains se sont établis dans tous les lieux stratégiques d’Europe, d’Amérique latine et centrale, d’Asie et du Moyen-Orient. Ensuite, sa puissance économique est assurée par trois secteurs économiques présents à l’échelle mondiale. Une agriculture performante, une industrie à la capacité d’adaptation phénoménale, des services compétitifs et une puissance financière majeure font des Etats-Unis le premier producteur de richesses au monde. Ces deux piliers en font un modèle séduisant qui demeure très attractif. Enfin, et pour être bref, disons que le pays est le premier commerçant du monde et un pôle dynamique. En un mot il est le centre du monde, influent et omniprésent.



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La flamme de la Statue de la Liberté
illumine un monde désormais unipolaire


Voilà le débat qui avait suivi la parution de cet article sur Over Blog :

Commentaires

et si ce monde unipolaire n'était pas une illusion...
que penser des puissances régionales qui nous rongent les os, comme la chine et son textile qui pullule sur le marché
j'ai bien peur qu'on se face bouffer des deux cotés ...
enfin c juste mon avis
K

Commentaire n° 1 posté par: K le 22/09/2005 - 18:17:27

je me suis trompée dsl
si ce monde unipolaire n'était qu'une illusion : ca sera mieux ainsi

Commentaire n° 2 posté par: K le 22/09/2005 - 18:28:20

*Et si ce monde unipolaire amorcait sa descente aux enfers...?!Comme toutes civilasation avant la leur, toutes ont connues l'apogée et la decadence...celle-ci n'a-t-elle pas commencee lorsque les bombes atomiques ont ete lachees?!La chine investissait enormement en dollar, ca n'est plus le cas!Ils sentent le vent tourner, le monde unipolaire que l'on connait touche bientot a sa fin, entendons nous bien,ils se detruisent de l'interieur,de par leur politique protectionniste et leur economie soit disant sans faille.Le regne de leur super/hyper puissance sera bientot terminé, detronés par la chine et les NPIA, ca sera eux qui auront besoin de nous.Ce n'est qu'un constat!Un conseil si vous voulez investir, choisissez le cinema russe, et les entreprises chinoises.
A+

Commentaire n° 3 posté par: L'Sguarmel le 05/10/2005 - 18:53:23

mais egalement ceci...
Cette superpuissance n’est plus économique. L’Europe, en production industrielle cumulée, est en train de dépasser les Américains et cet écart est appelé à s’élargir, pour peu que les Européens veuillent bien consacrer à la recherche scientifique un effort comparable à celui des Etats-Unis. Elle n’est pas non plus diplomatique. La guerre a apporté aux Etats-Unis l’adhésion renforcée des nouveaux entrants dans l’Europe, en particulier la Pologne. Mais elle leur a valu une détérioration plus ou moins durable de leurs relations avec la France, l’Allemagne, la Russie, la Turquie, le Canada, le Mexique. Si la France est la seule puissance qu’il est question de «punir», c’est que les dirigeants américains actuels – c’est leur côté «costauds de banlieue» – sont enclins à «faire des exemples». L’Irak sur le plan militaire, la France sur le plan diplomatique.

La superpuissance américaine est donc essentiellement militaire. D’abord parce que l’autre superpuissance, l’URSS, s’est effondrée. Et parce que la plupart des pays d’Europe, à l’exception du Royaume-Uni et de la France, ont cessé d’entretenir une défense. Il n’est donc pas surprenant que les Etats-Unis fassent désormais confiance à la force pour établir leur imperium sur le monde.

Commentaire n° 4 posté par: thibault78 le 05/10/2005 - 19:01:53

Hubert Védrine vulgarise l'expression d'hyperpuissance en 1998, pas en 2002.
Non, Thibault! S'il est vrai que la puissance militaire américaine semble démesurée, ce n'est certainement pas le seul facteur de l'hyperpuissance des EUA. Lire à ce sujet l'excellent ouvrage réalisé sous la direction de Pascal Gauchon: L'exception américaine.
Et il me parait délicat de parler du côté "costauds de banlieue" des "dirigeants américains actuels"! A moins qu'il ne soit question d'une banlieue américaine.

Commentaire n° 5 posté par: clement le 19/10/2005 - 21:17:17

non à la restauration rapide
signé la mère noël ma mère

Commentaire n° 6 posté par: jean le 20/10/2005 - 11:53:41

houla ! Un monde unipolaire ?! Je ne suis pas tout â fait sûre... Les états unis ne sont pas incontestés...

Commentaire n° 7 posté par: the llh le 15/12/2005 - 17:09:54

11:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

07.07.2005

Christophe Colomb, un vulgaire imposteur ?

On savait déjà que Christophe Colomb, grand explorateur génois du 15ème siècle, avait découvert l’Amérique en voulant atteindre les Indes, mais l’on pense savoir aujourd’hui qu’il ne serait qu’un imposteur.


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Christophe Colomb


Le journal International Herald Tribune publie un article sur l’ancien commandant de sous-marin dans la Royal Navy, Gavin Menzies, ce dernier a publié un livre en 2OO2 dans lequel il explique que l’Amérique n’a pas été découverte par Colomb mais soixante dix ans plus tôt par un des grands explorateurs chinois, Zheng He. De plus, il tient en ce moment une exposition à Singapour intitulée « 1421 : l’année où la Chine a découvert l’Amérique ». Cette exposition relate les sept expéditions maritimes du chinois qui a envoyé, entre 1405 et 1423, 317 navires et 28000 marins vers les côtes américaines. Même si l’on ne sait pas jusqu’où il a pu réellement aller, le journal explique que Colomb, Vasco de Gama ou Cook n’ont rien découvert car ces navigateurs expliquaient eux-mêmes qu’ils possédaient, avant de partir, des cartes fournies par de précédents explorateurs. Les Grandes Découvertes seraient donc attribuées à tort à des européens car elles seraient l’œuvre de flottes chinoises. De nombreuses cartes et des centaines de mails sont venus étoffer les thèses de Gavin Menzies depuis la publication de son livre. Comble de sa découverte, l’auteur devra réviser son livre en 2007 car il a découvert que Zheng He avait lui aussi profité des découvertes du navigateur mongol Kubilaï Khan, devenu empereur chinois au 12ème siècle.





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